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QUESTION D'ACTU

Crainte des parents

Cancer du col de l'utérus : des freins à la vaccination subsistent

Le Gardasil est accusé par une patiente d'avoir provoqué une sclérose en plaques. Au-delà du fait divers, les parents souhaitent avoir plus d'informations sur ce vaccin.  

Cancer du col de l'utérus : des freins à la vaccination subsistent POUZET/SIPA

  • Publié 26.11.2013 à 14h26
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Proposé dans le cadre de la prévention du cancer du col de l'utérus aux jeunes filles, le Gardasil est accusé par une patiente de lui avoir provoqué la sclérose en plaques. Marie-Océane, 15 ans, qui a reçu une première injection en octobre 2010, puis une deuxième en décembre a présenté deux mois plus tard des signes cliniques inquiétants. Elle est alors hospitalisée plusieurs fois dans les mois qui suivent. Résultat, une plainte a été déposée le 22 novembre contre le produit, par Me Jean-Christophe Coubris, l'avocat de la jeune fille. Le laboratoire Sanofi Pasteur est accusé d’ « atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine. », à cause du vaccin Gardasil suspecté de causer des effets indésirables graves. C’est une première en France, mais qui alimente les réserves des parents à faire vacciner les enfants. Une étude publiée ce mardi dévoile justement  les freins à cette vaccination.


Frein principal à la vaccination : la crainte des parents 
Aux Etats-Unis par exemple, de plus en plus de parents refusent de faire vacciner leurs enfants contre le papillomavirus. En France, une fille sur trois de la population ciblée est vaccinée. Pour réussir à trouver les origines de cette désaffection pour les vaccins anti-HPV, le chercheur Dawn M. Holman, des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d'Atlanta , et ses collègues, ont mené une revue de la littérature sur les obstacles à cette vaccination. Leurs conclusions se basent sur pas moins de 55 articles pertinents sur le sujet, qui comprennent des données recueillies en 2009 ou plus récemment.
Les professionnels de santé interrrogés lors de cette étude ont cité les difficultés financières et les préoccupations des parents comme des obstacles à l'administration du vaccin aux patients .
Parmi les principales inquiétudes des familles, les parents ont indiqué avoir besoin de plus d' informations avant de faire vacciner leurs enfants. Ces derniers ont aussi des craintes sur l'éventuel effet du vaccin, sur le comportement sexuel de leur enfant. Enfin, le coût trop élevé de ces vaccins, est aussi un des freins à la vaccination.
Enfin, concernant la vaccination des garçons, les parents ont indiqué que l'intérêt de ce vaccin chez cette population n'était pas encore réellement démontré.


Le rôle essentiel des professionnels
Les recommandations des professionnels de santé ont été systématiquement signalées par les parents comme l'un des facteurs les plus importants dans leur décision de faire vacciner (ou pas) leurs enfants. « Des efforts continus sont nécessaires pour s'assurer que les médecins et les parents comprennent l'importance de la vaccination des adolescents avant qu'ils ne deviennent sexuellement actifs. Les professionnels doivent eux aussi bénéficier de conseils sur la façon de communiquer aux parents et patients les recommandations en faveur de la vaccination anti-HPV », conclut l'étude.

La France, loin de ses objectifs
En France, les objectifs de vaccination contre le papillomavirus (HPV) sont loin d’être atteints. Alors qu’en 2004, le Haut comité de santé publique visait les 95 % de couverture vaccinale, nous n’en sommes aujourd’hui qu’à un taux de 30 % de jeunes filles ayant reçu les trois doses de vaccin. Pourtant, le cancer du col de l’utérus tue chaque année 1000 femmes en France.

Le Haut conseil de santé publique a modifié, en mai dernier, ses recommandations concernant les tranches d’âge de vaccination. Concrètement, il est aujourd’hui préconisé de la pratiquer chez toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans et non plus à partir de 14 ans, comme c’était le cas depuis 2007. Un rattrapage est également conseillé chez les 15-19 ans qui n’ont pas encore été vaccinées.
Mais, si ce changement de stratégie ne permet pas d’obtenir l’objectif requis, la Commission de la transparence a déjà fait savoir qu’elle « pourrait être amenée à reconsidérer à moyen terme (dans un délai de 3 ans) l’appréciation du service médical rendu des vaccins anti-HPV ». Or, une baisse de SMR entrainerait automatiquement une baisse de prise en charge par l’assurance maladie. Aujourd’hui, ces vaccins anti-HPV sont pris en charge à 65 % et chaque dose coûte de l’ordre de 120 euros.

 

 

 







 

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