Les polluants éternels contaminent l’environnement, mais pas seulement. Ces PFAS, pour substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, sont aussi présents dans notre organisme. Une étude, parue dans Journal of Occupational and Environmental Hygiene, montre qu’ils sont détectables dans la majorité des échantillons sanguins.
Qu'est-ce qu'un PFAS ?
"Cette étude présente l'un des plus grands échantillons jamais utilisés pour déterminer les niveaux de PFAS dans le sang", expliquent les auteurs dans un communiqué. Dans leur étude, ils ont analysé 10.566 échantillons sanguins pour traquer la présence de ces polluants. "Les PFAS constituent un groupe d'environ 10.000 substances qualifiées de ‘polluants éternels’, car elles se dégradent difficilement et s'accumulent dans l'environnement et le corps humain", rappellent-ils.
Elles sont présentes dans des objets du quotidien comme les ustensiles de cuisine ou les appareils électroniques. "Les dangers de tous les PFAS ne sont pas encore pleinement connus ; cependant, des études antérieures ont établi un lien entre certains d’entre eux et des complications graves, notamment le cancer, l’infertilité, l’hypercholestérolémie et l’affaiblissement du système immunitaire", complètent les chercheurs.
PFAS : plusieurs substances détectées dans des échantillons sanguins
Dans leur étude, ces spécialistes du NMS Lab, en Pennsylvanie, se sont intéressés à plusieurs PFAS. "La plupart des échantillons (10.478) ont été testés pour 13 PFAS différents, tandis que 88 échantillons ont été testés pour 18 PFAS", précisent-ils. Au total, 98,8 % des échantillons contenaient au moins un PFAS. "Seuls 19 échantillons (0,18 %) contenaient un seul PFAS, à la limite inférieure du seuil de détection (0,1 ng/mL), indiquent les auteurs. Dans les deux panels de test, la combinaison la plus fréquente comprenait cinq PFAS, dont le PFOS et le PFOA, utilisés historiquement, ainsi que leurs substituts, souvent présents dans des produits de consommation courante comme les ustensiles de cuisine antiadhésifs, les textiles antitaches et les mousses anti-incendie."
Pour ces spécialistes, ces résultats prouvent que l’exposition aux PFAS se produit rarement sous forme de composés isolés. "En général, les individus présentent une charge corporelle composée de cinq PFAS ou plus, avec des propriétés de bioaccumulation différents, commentent-ils. Nous espérons que ces résultats contribueront à éclairer les futures évaluations des risques, à orienter la recherche sur les mélanges nocifs de PFAS et, à terme, à étayer des recommandations cliniques et de santé publique plus claires."


