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Polluants

PFAS : ces objets du quotidien peuvent perturber votre thyroïde

S’accumulant dans l’environnement et l’organisme, les PFAS ou "polluants éternels", qu'on retrouve dans les poêles ou les cosmétiques, pourraient perturber les hormones thyroïdiennes, essentielles au métabolisme, et ainsi favoriser certaines maladies.

PFAS : ces objets du quotidien peuvent perturber votre thyroïde Anna Yakymenko / istock




L'ESSENTIEL
  • Les PFAS perturbent le fonctionnement de la thyroïde.
  • Les hormones thyroïdiennes sont essentielles à de nombreuses fonctions de l’organisme (croissance, métabolisme, fréquence cardiaque…).
  • Limiter son exposition aux PFAS devient un enjeu de santé.

Imperméables, maquillage, poêles antiadhésives, contenants plastiques… Derrière ces objets de tous les jours se cachent des substances chimiques de plus en plus pointées du doigt : les PFAS. Omniprésents, longtemps invisibles, ces "polluants éternels" inquiètent aujourd’hui les scientifiques, notamment parce qu'ils sont un peu partout dans l'air, les sols, les eaux, et dans notre corps. Ils sont aussi connus pour leurs effets potentiels sur la thyroïde, une glande située à la base du cou qui relève du système endocrinien. Une nouvelle étude pointe aujourd'hui

Des substances partout… et dans notre corps

La particularité des PFAS (pour substances per- et polyfluoroalkylées) est qu’ils sont d'une résistance exceptionnelle, et par conséquent presque indestructibles dans l’environnement et dans l’organisme. "Extrêmement persistants, les PFAS [...] peuvent exposer les populations par l’air, l’alimentation, l’eau de consommation ou l’usage de produits du quotidien, explique l’Anses. Ces substances s’accumulent ainsi dans l’organisme. Leur présence est désormais attestée dans le sang, le sérum, l’urine ou les cheveux." Jusqu’à 98 % des Américains en auraient dans le sang. Ces composés sont déjà suspectés de perturber les hormones thyroïdiennes, essentielles à de nombreuses fonctions de l’organisme (croissance, métabolisme, fréquence cardiaque…), et d’augmenter le risque de cancer de la thyroïde.

Des travaux publiés dans le Journal of the Endocrine Society apportent un éclairage inédit. Les chercheurs ont étudié les effets d’une exposition prolongée à trois PFAS majeurs : PFOA, PFOS et GenX. "La plupart des études portent sur des expositions à court terme, mais nous voulions observer les effets à long terme", explique Heather Hartmann, première autrice de l'étude, dans un communiqué.

Leurs résultats sont préoccupants : ces substances modifient à la fois la structure et le fonctionnement des cellules de la thyroïde chez la souris. Elles perturbent également des voies de signalisation essentielles, dont certaines impliquées dans le développement de cancers. Enfin, l’exposition aux PFAS augmente le taux d’hormone stimulant la thyroïde, un élément clé de la régulation du métabolisme. 

Peut-on limiter son exposition ?

Ces travaux permettent de mieux comprendre comment les PFAS pourraient favoriser des maladies thyroïdiennes. Ils apportent notamment des indices biologiques sur leur rôle potentiel dans le cancer. "Nous espérons que ces résultats aideront les personnes à risque à faire des choix plus éclairés pour limiter leur exposition", souligne Heather Hartmann. Elle ajoute que ces données devraient encourager de nouvelles recherches cliniques.

Une question demeure : peut-on vraiment éviter les PFAS ? S’ils sont difficiles à éliminer totalement, certains gestes peuvent réduire l’exposition : éviter les emballages alimentaires traités, privilégier des ustensiles sans revêtement chimique ou vérifier la composition des cosmétiques.

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