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Décision de la justice américaine

Euthanasie : Marlise Munoz a été débranchée malgré sa grossesse

Par Julian Prial

Marlise Munoz, en état de mort cérébrale, était gardée artificiellement en vie. Comme le veut la loi du Texas puisqu'elle est enceinte. Dimanche, un juge a ordonné l'arrêt de toute thérapeutique.

Capture d'écran Youtube

« Marlise Munoz repose désormais en paix, et sa famille cherche à mettre fin à ce qui a été un long et insupportable calvaire », ont déclaré dimanche les avocates de la jeune femme, Heather L. King et Jessica H. Janicek, dans un communiqué de presse. Dans cette histoire, un hôpital du Texas (États-Unis), a cessé le 26 janvier de maintenir en vie artificiellement cette jeune femme enceinte, morte cérébralement, à la suite d'une embolie pulmonaire. Une décision de justice contraire à la loi du Texas qui s'explique ici par le mauvais état du foetus.

Un foetus « distinctement anormal »

En effet, mercredi dernier, les avocats de la famille avaient fait savoir que le foetus qu'elle portait depuis 22 semaines, était « distinctement anormal », ce que la famille craignait depuis l'accident. « Même à ce stade précoce, les extrémités du bas du corps sont déformées à tel point qu'on ne peut déterminer le sexe », avaient précisé les avocates de la famille de la jeune femme. D'après les médecins, le foetus présent dans le corps de Marlise Munoz avait été privé d'oxygène durant une période indéterminée, lors de ce tragique accident 
Pourtant depuis son embolie pulmonaire, Marlise Munoz était hospitalisée au John Peter Smith (JPS) Hospital de Fort Worth, où avait été prononcé son état de mort cérébrale. Cependant, elle avait été gardée artificiellement en vie car enceinte, comme le veut la loi du Texas. Le très conservateur Etat du sud des Etats-Unis est en effet l'un des 12 Etats américains ayant adopté une réglementation stricte obligeant la poursuite du maintien en vie, quelle que soit l'avancée d'une grossesse.

Arrêt du maintien en vie artificiel
Néanmoins, un juge du comté de Tarrant (Texas) avait ordonné vendredi dernier que Marlise Munoz, 33 ans, légalement morte, ne soit plus maintenue en vie artificiellement, comme le demandait son époux Erick Munoz devant la justice.
En respect de ce jugement, la jeune femme a été débranchée hier et s'en est allée. C'est donc la fin de ce feuilleton judicaire qui depuis des semaines faisait la une des journaux américains, suite aux nombreux désaccords entre la famille, l'hôpital et la justice qui se disputaient sur la marche à suivre.