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QUESTION D'ACTU

Maintenue en vie contre l'avis de son mari

Marlise Munoz, en état de mort cérébrale et enceinte, divise l'Amérique

A 33 ans, Marlise Munoz est en état de mort cérébrale et enceinte de 20 semaines. Mais sa grossesse se poursuit car le Texas interdit d'arrêter un traitement de maintien en vie sur une patiente enceinte.

Marlise Munoz, en état de mort cérébrale et enceinte, divise l'Amérique Erick Munoz : le mari de Marlise, Capture d'écran CNN

  • Publié 08.01.2014 à 16h37
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Elle s'appelle Marlise Munoz, et son cas divise les Etats-Unis d'Amérique. Victime le 26 novembre d'une probable embolie pulmonaire, cette jeune femme de 33 ans et désormais en état de mort cérébrale, comme le révèle Le Monde dans ses colonnes. Mais là où les choses se compliquent encore dans ce drame, c'est que Marlise était enceinte au moment de son accident, survenu après 16 semaines de grossesse. Et dans un tel cas, la loi du Texas est sans appel.

Loi texane : le maintien de la vie des femmes enceintes
Une loi d'Etat du Texas datant de 1999 et signée par le gouverneur et futur président américain Georges W. Bush établit en effet que « nul ne peut arrêter ou suspendre un traitement de maintien en vie sur une patiente enceinte. » Pour cette raison, le porte parole de l'établissement J. R. Labbe confie : « Ce n'est pas une décision difficile pour nous, nous ne faisons que suivre la loi. » Dans ce cas, l'hôpital va donc maintenir la jeune femme en vie jusqu'à pouvoir l'accoucher par césarienne, quand la foetus aura de 24 à 28 semaines. Cet accouchement prévu courant février va se faire contre l'avis d'Erick, le mari de Marlise. Pour ce dernier, sa femme n'aurait pas souhaité d'acharnement thérapeutique. Sur CNN, il déclarait récemment, « après la mort brutale de son frère quatre ans plus tôt, mon épouse avait clairement fait savoir qu'elle ne voudrait jamais dans sa vie être une patiente faisant l'objet d'acharnement thérapeutique. Nous en avions parlé », martèle-t-il.

Un foetus avec des séquelles
Surtout que dans ce cas, les proches de Marlise craignent que le futur bébé ait des séquelles. Pour le père, également interrogé sur la chaîne américaine, « ce pauvre foetus a eu le même manque d'oxygène, les mêmes chocs électriques, les mêmes produits chimiques utilisés pour faire battre son coeur de nouveau. D'après les médecins, il serait dans le même état que sa mère. » Comme les autres membres de la famille, Ernest Machado souhaite donc que sa fille meurt paisiblement avec son foetus.

La loi Leonetti sur la fin de vie ne dit rien
Les médecins français sont aussi régulièrement confrontés à ce genre de dilemme. Sauf que la loi Leonetti de 2005 sur la fin de vie ne dit rien sur le cas de ces femmes enceintes en état de mort cérébrale. Comme nous l'ont confié des médecins confrontés à ces situations, ces patientes font toujours l'objet de débats intenses entre les équipes médicales et les proches de la victime. D'après ces praticiens, il faut dans ces cas regarder l'environnement de la femme décédée, et surtout recueillir la volonté du père ou des très proches, puisque ce sont eux qui seront amenés à s'occuper de l'enfant.

Autre préocupation majeure en de telles circonstances, l'état du foetus. Mais, lorsque la famille souhaite prolonger la grossesse et que le foetus est viable, les praticiens essaieront en général de sauver l'enfant à naître. Il faudra néanmoins qu'il soit âgé d'au moins vingt-quatre semaines, limite de l'extrême prématurité. 


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