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Etude de l'Insee

Ecart d'âge : 16 % des couples sont concernés

Par Rica Etienne

Si le modèle de l’homme plus âgé reste dominant, la tendance inverse s’affirme désormais ! L'écart moyen est de quatre ans

stefanolunardi/Epictura

Il n’y a pas qu’au cinéma que Virginie Efira s’éprend d’un homme beaucoup plus jeune qu’elle (1). Dans la vraie vie, ça arrive aussi. Le nouveau couple présidentiel en est un exemple. 24 ans séparent Emmanuel de Brigitte Macron. Si l’on s’en tient à une étude de l’Insee datant de 2012, cette tendance a même nettement augmenté depuis les années 60. 10 % de couples concernés autrefois, 16 % aujourd’hui. L’écart moyen entre la femme et son conjoint est de quatre ans, mais il peut atteindre dix ans et parfois même le double.

 

Vers une normalisation

Pour le sociologue François de Singly, professeur à l'université Paris Descartes (2), le fait que ce soit surtout des hommes qui épousent les femmes plus jeunes peut être pris comme une marque de virilité et même de sur-virilité par rapport aux hommes qui épousent des femmes de leur âge. L’homme qui vit avec une jeune femme prouve qu’il peut s’offrir « ce qu’il y a de mieux », une véritable symbole de réussite sociale.

Mais alors les femmes qui épousent des hommes plus jeunes ? Le sociologue y voit un marqueur de « supériorité » historique comme pour les hommes, un marqueur que s’approprieraient les femmes aussi, sans qu’elles aient pour autant envie d’exhiber leur partenaire.

 

Un décalage rassurant

« A 40 ans, les femmes se sentent encore jeunes et belles (sûrement davantage que leurs mères ou leurs grand-mères des générations précédentes), explique le sexologue et psychosomaticien Sylvain Mimoun, co-auteur de Sexe et sentiments après 40 ans (Albin Michel). Avoir des relations ou former un couple avec un homme plus jeune, recule le spectre de la ménopause et du vieillissement. Ces femmes se prouvent consciemment ou pas, qu’elles peuvent aimer, être aimées et séduire dans une société qui fait l’apologie du jeune et du beau ».

 

Fantasme 

Le phénomène n’est pourtant pas neuf. De toute éternité, les jeunes ont fantasmé sur leurs aînées, il suffit de lire le Rouge et le noir ou Le blé en herbe. Les Rastignac et autres héros de la comédie humaine d’hier ou d’aujourd’hui utilisent parfois leurs aînées, leur carnet d’adresse, et leur argent pour gravir les échelons dans la société. Mais ce n’est pas la seule raison, loin s’en faut. La nouvelle génération a été élevée au lait de l’égalité homme-femme. Du coup, l’éventualité qu’une femme plus âgée s’intéresse à un homme plus jeune ne les choque pas davantage que celle d’un homme mûr qui s’intéresse à une femme plus jeune.

 

Des histoire d’amour et de sexe

La différence d’âge n’empêche pas la sincérité de l’amour et l’alchimie entre deux êtres. Comme le confirme le Dr Sylvain Mimoun, « ces hommes plus jeunes éprouvent de l’attirance physique, de l’amour, de la tendresse, autant de sentiments qui désarment leur crainte d’être agressés par les partenaires de leur âge. Ils redoutent de ne pas fournir assez et de pas être à la hauteur. Les amantes plus mûres endossent alors le rôle de mentor et d’initiatrices. Elles sont plus compréhensives et plus indulgentes ».

 

Le rêve d’éternité

Ces couples sont-ils plus menacés que les autres ? Il suffit de regarder autour de soi, il existe des couples vieux de vingt ou trente ans dans cette situation. Et quand bien même le couple ne durerait pas, l’expérience reste fabuleuse aux dires des premiers concernés : « Nous, on a grandi avec l’idée que le couple n’avait pas nécessairement une valeur éternelle, confie Laurent, 31 ans, sur un blog. Pourquoi pas un couple avec une grande différence d’âge qui dure un an, deux ans, dix ans ? C’est toujours du bonheur à cueillir. Ce qui importe, c’est le présent ».

(1) Le film 20 ans d’écart, du réalisateur David Moreau

(2) Emission sur France Inter