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Antibiotiques

Les super-bactéries pourraient coûter 100 000 milliards de dollars en 2050

Par la rédaction

En 2050 la résistance aux antibiotiques pourrait coûter une fois et demi le PIB mondial par an, selon un économiste britannique.

David Goldman/AP/SIPA

Voilà un argument que l’on n’avait pas encore entendu dans la lutte contre les bactéries multi-résistantes : celui du porte-feuille. Chargé par le Premier ministre britannique, David Cameron, de préparer un rapport sur le sujet, l’économiste Jim O’Neill vient de publier ses premières recommandations (en anglais). Résultats : l’abîme qui sépare les financements de la lutte contre le cancer et les recherches sur les antibiotiques doit absolument être comblé.

L'économiste montre ainsi du doigt le fait, qu’aux Etats-Unis, le gouvernement a investi 26 milliards de dollars pour lutter contre le cancer entre 2010 et 2014. Dans le même temps, il a investi 14 milliards contre le VIH et seulement 1,7 milliards de dollars contre l' antibio-résistance. Surtout l’économiste explique qu'en 2050, le coût global des résistances aux antibiotiques devrait s’élever à 100 trillions de dollars, soit 87 000 milliards d’euros par an. Ce chiffre faramineux correspond à plus d’une fois et demi le PIB mondial annuel actuel!

Selon Jim O’Neill, les infections par des bactéries résistantes aux antibiotiques causeront la mort de dix millions de personnes par an en 2050. Ce chiffre est plus important que le nombre de personnes mourant du cancer aujourd’hui.

Afin d'éviter d'en arriver à cette situation, l'économiste publie une série de cinq recommandations : la création d'un fonds mondial pour l’innovation d’environ 2 milliards de dollars afin de soutenir de nouvelles idées ; une réévaluation des médicaments existants, afin de déterminer si un changement de la posologie ou leur combinaison avec d'autres agents antimicrobiens pourraient freiner l'expansion de l'antibio-résistance ; une réduction des prescriptions d'antibiotiques inutiles, grâce à un meilleur diagnostic ; former une nouvelle génération de scientifiques, médecins, pharmacologistes, économistes pour qu’ils mènent des recherches dans ce champ ; moderniser la surveillance de l'expansion des super-bactéries.

Aujourd'hui, les bactéries résistances aux antibiotiques tuent 25 000 personnes chaque année en Europe et 23 000 aux Etats-Unis.