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QUESTION D'ACTU

250 000 morts par an en Europe

Antibiorésistances : les actions se multiplient face à la menace mondiale

Une infection persistante, des produits antibactériens inefficaces… L’antibiorésistance est une menace réelle, et les grands de ce monde appellent à agir vite pour lutter contre elle.

Antibiorésistances : les actions se multiplient face à la menace mondiale Le monde risque de retourner "au Moyen Âge de la médecine" selon David Cameron (Yves Logghe/AP/SIPA)

  • Publié 02.07.2014 à 13h48
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La résistance aux antibiotiques continue d’inquiéter. « Menace permanente » aux Etats-Unis, « retour au Moyen Âge de la médecine » au Royaume-Uni… Entre appels à une action conjointe, constats inquiétants et recommandations, les bactéries résistantes font parler d’elles depuis l’alerte de l’Organisation Mondiale de la Santé en avril dernier.

David Cameron en première ligne

« Si nous ne parvenons pas à agir, un scénario impensable se profile : les antibiotiques ne font plus effet et nous retournons au Moyen Âge de la médecine, les infections traitables et les blessures tuent à nouveau », avertit le Premier ministre britannique, David Cameron, interrogé par la BBC. Il y a quelques semaines, l’OMS brandissait également la menace d’une « ère postantibiotique. »
Un scénario tout à fait plausible puisque chaque année, les souches résistantes des bactéries font 250 000 morts en Europe. Sans protection contre celles-ci, des actes aussi anodins qu’un accouchement, la pose d’une prothèse de hanche ou encore une chimiothérapie anti-cancer pourraient devenir dangereux.

 La salmonelle menace les Etats-Unis

La situation actuelle n’est pas aussi désespérée. Mais elle pourrait le devenir si rien n'est fait, car il est indéniable que l’antibiorésistance progresse. Pour preuve : le dernier rapport des Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), paru ce 1e juillet. En 2012, 430 000 maladies étaient dues à des bactéries résistantes. Celles d’origine alimentaire inquiètent l’institution, qui évoque « une menace permanente. » La salmonelle est au cœur des craintes puisqu’elle cumule à elle seule 100 000 infections par an. Deux souches sont particulièrement surveillées : la Salmonella typhi, responsable de la typhoïde et qui progresse de 68 %, et la Salmonella Heidelberg, que l’on trouve souvent sur les volailles (25 % de souches résistante). Les rappels de produits contaminés se multiplient, y compris en France qui a connu un rappel de 100 tonnes de reblochon infectés par cette bactérie la semaine dernière.

 

10 actions contre l’antibiorésistance

Selon David Cameron, la résistance aux antibiotiques aurait été abordée au dernier sommet du G7 qui s’est tenu à Bruxelles (Belgique) et une action commune devrait être évoquée au prochain meeting international. Le Premier ministre britannique annonce aussi le lancement d'une revue scientifique autour de trois grands thèmes : le nombre croissant de souches bactériennes antibiorésistantes, l’absence de nouvelles classes d’antibiotiques depuis plus de 25 ans, l’abus d’antibiotiques dans le monde entier.

 

L’Alliance contre le développement des Bactéries Multi-Résistantes (la WAAAR) a décidé de prendre le taureau par les cornes. Ce groupe de 700 personnes représentant les acteurs de santé et les usagers de 55 pays propose 10 actions pour lutter contre la résistance aux antibiotiques. La « prise de conscience de tous les acteurs » en est la condition sine qua non, mais la « coopération étroite » des différents intervenants politiques et économique ne saurait être ignorée. Pour cela, estime la WAAR, « information et éducation » doivent être dispensés aux enfants et adolescents, des campagnes d’information doivent être ouvertes aux grands publics, et les professionnels de santé devraient être formés pour moins recourir aux antibiotiques. L’organisme recommande aussi la mise en place de plans nationaux de lutte contre l’antibiorésistance, qui passent notamment par la surveillance de la consommation d’antibiotiques et de la résistance à plusieurs échelles – selon le modèle des CDC (institutionnel, régional, national). Si le recours aux médicaments doit se faire avec raison – chez l’homme comme l’animal – la WAAR appelle à un accès permanent aux antibiotiques « essentiels et de qualité » dans tous les pays. Mais avant de les utiliser, il faudra s’assurer de leur absolue nécessité. Enfin, la recherche doit continuer de développer de nouvelles classes d’antibiotiques, et celle-ci doit être facilitée autant que possible. Une étape peut-être réalisable puisque des chercheurs ont découvert le talon d’Achille des bactéries résistantes : une « porte » qui permet aux cellules de développer un biofilm de protection.

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