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Employés du bâtiment : 300 suicides en un an

Par Léa Drouelle

Les fédérations du BTP ont recensé un nombre élevé de suicides parmi les employés du bâtiment depuis septembre 2013. La crise et le stress en sont les principaux responsables.

MICHEL GILE/SIPA
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Avec un suicide tous les deux jours, le secteur agricole est fortement touché par ce fléau, a révélé une étude publiée récemment. Aujourd’hui, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) dresse un constat similaire dans le domaine du BTP. Et selon les chiffres de la CAPEB, le taux de suicide semble être encore plus élevé dans le domaine du BTP que dans celui de l’agriculture.
En effet, les fédérations locales du BTP ont recensé 300 suicides depuis septembre 2013. « Cela fait quasiment 1 cas par jour », affirme le président de la CAPEB Patrick Liebus. Sans compter les tentatives de suicides », ajoute t-il. 

60 000 emplois menacés
Tout comme les agriculteurs, les principales causes qui poussent les professionnels du bâtiment à mettre fin à leurs jours sont liées à des difficultés économiques. « Depuis sept ans, le secteur des travaux publics traverse une crise sans précédent : chiffre d'affaires en baisse de 25 % et destruction de 30 000 emplois ! Sans mesures de relance de l'investissement public, ce sont 60 000 emplois qui vont disparaître », a confié la Fédération Nationale de Transports Publics à RTL. Par ailleurs, la FNTP déplore la suppression de l’éco-taxe, annoncée la semaine dernière par Ségolène Royal. Le produit de l’éco-taxe devait en effet servir à financer des infrastructures de transport.

Conditions de travail difficiles 
Aux difficultées économiques viennent s'ajouter des conditions de travail éprouvantes. En effet, selon une enquête de la CAPEB publiée fin septembre, un artisan du bâtiment sur deux considère être régulièrement stressé dans le cadre de son travail. Un stress dû à un manque de sommeil et à une forte fatigue. Toujours selon cette enquête, la quasi totalité des professionnels du bâtiment estime que leur métier requiert un haut niveau d’exigence mentale (95 %).