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Greffe d'utérus : deux équipes françaises se préparent

Par Philippe Berrebi

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C’était il y a quelques jours et l’histoire a fait le tour du monde. Après 31 semaines de grossesse, une Suédoise de 36 ans a accouché par césarienne d’un petit garçon après avoir reçu l’utérus d’une femme ménopausée de 61 ans. 10 ans de recherches pour aboutir à cette greffe qui permet aux femmes n’ayant pas d’utérus fonctionnel d’envisager une maternité. Et l’équipe de l’université de Göteberg pourrait être suivie par d’autres, françaises, notamment.
C’est ce que nous apprend aujourd’hui Le Point. Relayant une information de l’Agence de presse médicale (APM), Anne Jeanblanc confirme que « deux équipes estiment pouvoir réaliser, dès l’an prochain, des interventions similaires ».

Au CHU de Limoges, les médecins travaillent sur la possibilité de prélever des utérus sur des donneuses décédées. Pour le Dr Pascal Piver, qui codirige ces travaux avec le Dr Tristan Gauthier, cette option de prélèvement présente trois avantages. L'intervention dure 10 heures sur une donneuse vivante, une demi-heure si la personne est décédée. Des utérus de femmes plus jeunes pourront être prélevés. Mais surtout, tout acte médical présente un risque, le prélèvement d’un organe sur une personne vivante n’échappe à cette réalité.

Suivis par l’Agence de biomédecine, les médecins de Limoges ont reçu des avis favorables pour inclure dans leur protocole huit couples. « Un traitement de fécondation in vitro sera réalisé afin d'obtenir des embryons qui seront congelés, puis la greffe sera envisagée », précise la journaliste. Après l’obtention de la grossesse, l’utérus sera enlevé, un phase quasi inédite dans l’histoire de la transplantation.

A l’hôpital Foch de Suresnes, l’autre équipe médicale est, elle aussi, dans les starting-blocks. Elle a d’ailleurs collaboré avec ses confrères suédois. « Nous sommes un des seuls centres à prendre en charge la transformation des transsexuels femmes [en] hommes, qui souhaitent une hystérectomie », a expliqué à l'APM le Pr Jean-Marc Ayoubi. Alors, question de la journaliste : « Le premier bébé français né après une telle intervention sera-t-il limougeaud ou francilien ? Réponse sans doute en 2015 ».