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QUESTION D'ACTU

Rapport de l'inspection générale des finances

Médicaments en grande surface : l'Ordre des pharmaciens contre-attaque

L'Ordre national des pharmaciens conteste le projet de réforme des professions réglementées. Pour lui, les économies attendues de la vente de médicaments en grande surface sont surévaluées. 

Médicaments en grande surface : l'Ordre des pharmaciens contre-attaque JAUBERT/SIPA

  • Publié 23.08.2014 à 18h33
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Le combat des chiffres continue entre l'Ordre National des Parmaciens, et l'Inspection Générale des Finances (IGF). En cause : un rapport publié en juillet par cette dernière, qui préconisait la fin du monopole des pharmaciens sur la vente de certains médicaments à prescription facultative. Vendredi, l'Ordre national des pharmaciens a publié un document qui vise à contester la transparence de ce rapport, et l'exactitude des chiffres avancés par l'IGF pour proposer la réglementation de la profession de pharmacien. 

Inflation et prix des médicaments

Premier point de discorde, les bénéfices économiques soulevés par l'IGF pour demander la fin du monopole des officines et la vente des médicaments sans prescription en grande surface. Elle soulignait que la réglementation de la profession pourrait rapporter 400 millions d'économie. Un chiffre que les pharmaciens démentent, dénonçant l'opacité de la méthode employée pour le calculer. 

D'autre part, les affirmations centrales du rapport de l'IGF, soit que les prix des médicaments à prescription facultative augmentent plus rapidement que l'inflation, et sont plus élevés que dans le reste de l'Europe, sont également discutés par les pharmaciens. Pour eux, le coût des médicaments a augmenté, comme l'inflation, de 1,6 % par an au cours des cinq dernières années, une fois les prix ajustés aux évolutions des taux de TVA. Le prix moyen de ces derniers serait d'ailleurs de 4,5 euros, c'est à dire moins élevé que dans d'autres pays européens, comme par exemple l'Espagne (6 euros) ou les Pays-Bas (5,2 euros). 


Des produits non anodins

Autre argument clé : le savoir-faire des pharmaciens. L'Ordre National des Pharmaciens rappelle en effet que, chaque année, 12 000 décès et 120 000 hospitalisations ont lieu à cause d'une mauvaise prise de médicaments non soumis à prescription. L'occasion de rappeller que la prise d'un médicament, quel qu'il soit, est loin d'être anodine. A titre de comparaison, les accidents de la route tuent chaque année 4000 personnes. Seul les conseils du pharmacien permettraient alors de limiter les dégâts. Or, ces derniers estiment qu'en grande surface, l'accompagnement des clients ne pourra pas être d'aussi bonne qualité. 

La fin des pharmacies de proximité

Le rapport de l'IGF propose aussi de libéraliser le capital des pharmacies, afin de créer ce qui s'apparentrait à des chaînes de pharmacie. Pour les pharmaciens, une telle logique impliquerait la fin des pharmacies de proximité. En effet, elle pousserait les officines à s'établir dans « les endroit les plus rentables ». Or, une couverture imparfaite du territoire en pharmacies pourrait avoir de sérieuses répercussions sur la santé des français. 

Pour l'Ordre National des Pharmaciens, la prochaine étape devrait être une publication transparente des données utilisées par l'IGF pour construire son rapport, afin de pousser le débat un peu plus loin.

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