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Institut de veille sanitaire

Chikungunya : l'épidémie s'intensifie en Guyane

Selon le dernier point de l'InVS, huit mois après le début de l'épidémie de chikungunya aux Antilles, la progression du virus marque le pas dans les îles françaises. En revanche, elle s'intensifie en Guyane.

Chikungunya : l'épidémie s'intensifie en Guyane James Gathany/AP/SIPA

  • Publié 16.08.2014 à 11h31
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Après huit mois d'activité intense aux Antilles françaises, l'épidémie de chikungunya serait-elle en train de marquer le pas ? C'est en tout les cas ce qu'a révélé ce vendredi la Cellule interrégionale d'épidémiologie (CIRE) de l'Institut de Veille sanitaire (InVS) qui indique que la progression du virus marque le pas dans les îles françaises des Caraïbes, à Saint-Martin, à Saint-Barthélémy, en Martinique ou en Guadeloupe.

Martinique et Guadeloupe connaisent un répit
En détails, elle note qu'en Martinique, « l’épidémie se poursuit mais la tendance à la baisse s’est confirmée au cours des deux dernières semaines. » Le bilan là-bas fait donc état de 55 920 cas et 19 décès recensés depuis le début de l'épidémie.
Même constat en Guadeloupe, et dans ses îles proches, où « la diminution de la circulation virale observée depuis début juillet se confirme », affirme l'InVS, qui y a enregistré tout de même 73 120 personnes touchées (et donc immunisées) et neuf décès.
Enfin, à Saint-Barthélemy aussi, « la circulation virale est en baisse depuis trois semaines », relève-t-elle.

En Guyane, le circulation du virus progresse
Cependant, dans ce bilan de la CIRE effectué en outre-Mer, il y a aussi quelques mauvaises nouvelles. Comme dans la partie française de Saint-Martin, premier foyer détecté mi-décembre, où « la circulation virale reste stable et modérée au cours des dernières semaines. » Bilan : 3 860 cas recensés et trois décès enregistrés.
Pire encore en Guyane, où « la circulation du virus continue sa progression, car de nouveaux foyers été identifiés». Pour le moment, 1 665 cas ont été recensés dans ce département de 230 000 habitants.
Interrogé par l'Agence France Presse Christian Meurin, directeur général de l'Agence régionale de santé de Guyane se veut toutefois rassurant.
« Notre situation n'est pas du tout comparable à celle des Antilles. Il n'y a pas de propagation généralisée », a-t-il commenté. Selon lui, celle-ci s'explique « par des foyers qui se sont intensifiés principalement à Cayenne qui concentre 55 % des cas. Essaimant dans les villes voisines de Matoury et Macouria », a-t-il poursuivi.

31 décès en outre-mer depuis le début de l'épidémie
Au total, depuis le début de l'épidémie, 135 425 personnes ont été touchées par le virus du chikungunya dans ces départements français d'outre-mer. Et trente et une d'entre elles sont même mortes des suites de cette maladie infectieuse tropicale.
Alors, pour tenter d'endiguer la progression du virus qui continue en Guyanne, des mesures ont été prises contre la menace que représentent les quelque 15 000 épaves de véhicules en tout genre, abandonnées dans des terrains privés, et qui sont de parfaits sites de reproduction pour le moustique-tigre.
De plus, les maires des municipalités guyanaises ont relancé récemment le ramassage des déchets via une mobilisation sociale dans les quartiers et des bennes ont été mises à disposition.
Et dans la frange littorale de ce territoire, où les habitants de bidonvilles n'ont pas l'eau courante, des caches ont été distribués pour obstruer les fûts servant à faire des réserves, où les moustiques Aedes se nichent.  Enfin, un arrêté interministériel autorise depuis début août l'utilisation dérogatoire d'un insecticide interdit pourtant en Europe. Il s'agit du malathion.

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