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Mort il y a 100 000 ans

Traumatisme crânien : le plus ancien cas remonte au Paléolithique

Par Audrey Vaugrente

Des chercheurs français ont identifié le plus ancien cas de traumatisme crânien. Il s’agit d’un enfant de 13 ans, mort il y a 100 000 ans dans l’Israël actuel.

La modélisation du crâne (PLOS One/CNRS/Université de Bordeaux)

 

Le plus ancien cas de traumatisme crânien. Des chercheurs de l’unité CNRS – Université de Bordeaux (Gironde) sont parvenus à décrire précisément la blessure d’un enfant qui a vécu au Paléolithique. Leurs résultats, parus ce 23 juillet dans PLOS One, suggèrent que la blessure a eu des conséquences durables sur le quotidien de l’enfant.

 

Un enfant de 13 ans

L’enfant examiné est mort à 12 ou 13 ans et a été inhumé il y a 100 000 ans dans la région de Qafzeh, en Basse Galilée (Israël actuel). Jusqu’ici, les raisons de sa mort sont restées mystérieuses. Car s’il présentait bien les traces d’une blessure grave au crâne, les chercheurs ont toujours postulé qu’elle avait guéri. Ces découvertes en font aussi le plus ancien cas documenté de traumatisme crânien sévère.

 

Comme le montrent ces images, la fracture du crâne de l'enfant était très grave (PLOS One/CNRS)

 

Mouvements et personnalité perturbés

En reconstituant en 3D le profil de la blessure, l’équipe du CNRS a conclu que le traumatisme était bien plus grave que postulé. Un morceau entier de la boîte crânienne s’est fracturé, et des fractures linéaires se sont développées autour. De telles blessures sont généralement la conséquence de violences entre personnes, mais un accident n’est pas exclu.

En modélisant leur aspect, les chercheurs ont pu estimer l’impact d’un tel traumatisme sur les tissus mous, le cerveau en premier lieu. Il est presque certain, selon eux, que l’enfant a subi des modifications de la personnalité, des troubles dans le contrôle de ses mouvements, et a eu des difficultés de communication sociale. 

 

« L’imagerie digitale et la reconstruction 3D ont prouvé qu’il s’agissait du plus ancien cas de traumatisme crânien chez un enfant du Paléolithique. Les troubles neuropsychologiques post-traumatiques ont pu handicaper la vie sociale de cet individu, qui a été inhumé, adolescent, dans un rituel spécial qui soulève la question de la compassion dans la Préhistoire », commente Hélène Coqueugniot, auteur de l’étude. En effet, l’enfant a été inhumé dans une position particulière, et des andouillers de cerfs ont été déposés sur sa poitrine.