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Hausse des plaintes

Les réseaux sociaux plombent la confiance envers le médecin

Par Léa Surugue

Au Royaume-Uni, de plus en plus de patients n'hésitent pas à déposer des plaintes contre leurs médecins. Une tendance qui se renforce avec l'influence des réseaux sociaux.

JAUBERT/SIPA

Erreurs médicales, mauvais diagnostic, réclamations sur la qualité des soins... Entre 2006 et 2012, le nombre de plaintes enregistrées par le General Medical Council (GMC), qui régule la pratique médicale au Royaume-Uni, a presque doublé, atteignant les 10 347 plaintes annuelles. Mais il n'y a aujourd'hui aucune preuve d'une dégradation de la qualité des soins. Une étude a donc été réalisée pour savoir pourquoi les patients se plaignaient tout à coup autant de leurs médecins.

Tweets et statuts à la rescousse
Selon les chercheurs, le rôle d'Internet et des réseaux sociaux est devenu très important pour les malades, afin de mieux comprendre leurs symptômes et de partager sur les traitements et les soins reçus. Grâce à des forums spécialisés, mais aussi gâce à des conversations sur facebook ou des échanges de tweets, les internautes trouvent parfois des réponses aux questions qu'ils n'osaient pas poser à leurs médecins, ou des informations supplémentaires. Et quelquefois, selon les auteurs de l'étude, ces recherches les poussent à douter, souvent à tort, de la parole du praticien.

 

En France aussi, le nombre de plaintes déposées auprès du conseil de l'Ordre des Médecins est en hausse. En 2011, par exemple, le nombre de réclamations liées à des erreurs de diagnostic a augmenté de 24 %. La même année, la mutuelle des Hôpitaux et Cliniques a versé plus de 175 millions d'euros d'indemnités à des patients mécontents. Mieux informés sur leur santé, les malades auraient également tendance à traiter les médecins avec moins de déférence. 


Des médecins connectés
Pourtant, si Internet peut contribuer à augmenter le défiance des patients envers la profession, il s'agit aussi d'un précieux outil pour les médecins, ainsi que pour les épidémiologistes. Aujourd'hui, un docteur sur cinq est inscrit sur facebook, ou sur twitter, et 79 % d'entre eux possèdent un smartphone. Cela leur permet de communiquer plus facilement avec leur clientèle, et de télécharger des applications utiles à leur pratique quotidienne. Nombre de ces médecins connectés ont par exemple téléchargé une base de médicaments sur leur portable, ou des jeux de formation médicale.

 

Tout aussi importants, les réseaux sociaux permettent aux épidémiologistes d'ajuster leurs prévisions, notamment en ce qui concerne la grippe, grâce aux avalanches de statuts facebook et de tweets des internautes pour annoncer leurs petits bobos pendant les mois les plus froids de l'hiver.