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Une étude dans 27 pays européens

E-cigarette : près de 30 millions d'Européens l'ont déjà testée

Par la rédaction

Une étude sur plus de 26 000 Européens montre que la majorité des testeurs de e-cigarette ont entre 15 et 24 ans, sont des fumeurs ou des gens ayant déjà essayé d’arrêter. Seul 1% sont des non-fumeurs. 

MCT/SIPAUSA/SIPA

La cigarette électronique est-elle mauvaise pour la santé ? Est-elle efficace pour arrêter de fumer ? Quel est le portrait du vapoteur type ? Autant de questions qui animent les débats d’experts depuis plusieurs mois et auxquelles une étude parue dans la revue du BMJ Tobacco Control a tenté de répondre en partie. Réalisée dans 27 pays européens, c’est la plus vaste analyse jamais menée sur l’utilisation de la cigarette électronique en Europe. « Comme les e-cigarettes représentent un marché émergent où l'industrie du tabac a beaucoup investi, il est impératif d'identifier les sous-groupes de population qui sont plus susceptibles de les utiliser et surtout les conséquences ultérieures que cela pourrait avoir sur la santé publique, a déclaré Constantin Vardavas, principal auteur de l’étude. Selon les données révélées dans cette publication, à ce jour 29,3 millions d’Européens auraient déjà essayé « la vapoteuse ».

 

Les jeunes et ceux qui ont déjà essayé d’arrêter de fumer    

« Ces nouveaux résultats montrent que des millions de gens, dont beaucoup de jeunes et de fumeurs qui tentent de se sevrer du tabac, essayent la e-cigarette, ce qui souligne l'importance de l'évaluation de leur effets néfastes ou avantages potentiels », expliquent les auteurs. En effet cette analyse basée sur l’Eurobaromètre 2012 sur plus de 26 500 adultes, révèle que la plupart des Européens qui ont tenté l’expérience sont des jeunes (15-24 ans), des fumeurs de jusqu’à 20 cigarettes par jour, ou encore des personnes qui ont tenté d’en finir avec le tabagisme dans l’année précédent l’enquête. Dans le détail, l'âge était le facteur prédictif de l'utilisation de la e-cigarette le plus fort, avec plus de trois fois plus de personnes âgées de moins de 25 ans susceptibles d’avoir essayé par rapport aux plus de 55 ans. « Soulignant le fait que l'âge était un facteur déterminant de l'utilisation d'e-cigarette à travers l'UE, les implications de notre étude sont d'une importance stratégique pour les décideurs politiques européens, » précisent les auteurs. Selon eux, même si cesser l'usage du tabac à un âge précoce grâce à ce produit serait très bénéfique pour les individus et la santé publique, ils s’interrogent encore sur la renormalisation du tabac que pourrait entraîner cette tendance. Il faut noter que plusieurs études antérieures ont montré que les vapoteurs réguliers étaient, eux, en revanche, plus âgés.

 

Seul 1% de non-fumeurs l’essaye

Enfin, cette étude apporte quelques précisions pour ceux qui s’interrogent sur l’éventuel attrait de ce produit pour les non-fumeurs. Dans cette enquête, seul 1% des « testeurs » de e-cigarette étaient des non-fumeurs contre environ 20% de fumeurs actuels de tabac. En revanche, il ressort également que ceux qui l'utilisent le plus fréquemment sont plutôt des gros fumeurs. En effet, ces données montrent que l’utilisation du produit la plus fréquente se retrouvait chez ceux qui fumaient entre 6 et 10 cigarettes classiques ou plus par jour. L’enquête montre finalement que les petits fumeurs (moins de 5 cigarettes par jour) ont moins été tenté de l’essayer.

Par ailleurs cette enquête met aussi en évidence la nécessité d’obtenir rapidement des données concernant les potentiels effets néfastes ou pas de ce produit. Dans cet article, il ressort que près d'un tiers des participants aux différents sondages étaient incertains vis à vis de la nocivité pour la santé de la e-cigarette. Enfin, 4 personnes interrogées sur 10 étaient convaincues qu’elle était nocive, malgré le manque actuel de preuves scientifiques allant dans un sens ou dans l’autre.