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QUESTION D'ACTU

Système de gestion automatisée défaillant

Le CHU de Rennes détruit des boîtes de médicaments encore valables

Au CHU de Rennes, le nouveau système de gestion automatisée des médicaments est pointé du doigt par les syndicats. Des centaines de milliers d'€ seraient parties en fumée en jetant des boîtes valables.

Le CHU de Rennes détruit des boîtes de médicaments encore valables Keith Srakocic/AP/SIPA

  • Publié 07.06.2014 à 16h03
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Des centaines de milliers d'euros gaspillés bêtement au sein d'un CHU français ? C'est en tout cas le scandale dénoncé ce samedi par le syndicat SUD-Santé Sociaux dans Le Parisien. D'après ses représentants, depuis quatre ans, le CHU de Rennes jetterait à la poubelle des centaines de boîtes de médicaments encore valables car non périmées. La faute à un système informatique compliqué qui tombe souvent en panne.

Des caisses pleines de médicaments incinérées
Et le constat serait des plus affligeants pour ces syndicalistes. Selon eux, ce sont plusieurs tonnes de marchandise qui auraient été incinérées durant ces années. Au moins deux fois par mois, plusieurs caisses seraient ainsi placées pour destruction dans les conteneurs destinés aux produits périmés. « On part le soir et, quand on revient le lendemain, il n'y a plus rien. Certains flaconnages représentent un mois de salaire d'un contractuel. Imaginez quand il y en a 10 qui disparaissent ! C'est très dur à vivre d'un point de vue éthique et psychologique », explique dans le quotidien francilien un employé de la pharmacie hospitalière, qui a désiré conserver l'anonymat.

Des doublons dans les commandes, des logiciels en panne...
Pour comprendre, ce sont les dysfonctionnements du système adopté par la pharmacie en 2010 qui expliquent ce gaspillage. Avec des problèmes qui commenceraient dès la livraison des médicaments et des dispositifs médicaux le matin. Selon les syndicats, les prestataires utilisent des palettes qui ne sont pas reconnues par le robot Magmatic qui les range ensuite au sous-sol. Les agents de la pharmacie sont donc obligés de reconditionner les marchandises sur des palettes adéquates, aux normes européennes, ce qui retarde le tri et l'envoi des produits dans les services. Les difficultés continuent ensuite au moment de rentrer les commandes. Le système informatique fonctionne avec pas moins de trois logiciels différents qui tombent régulièrement en panne.
Au final, comme les services de soins ne voient pas leurs médicaments arriver, ils passent une seconde commande d'urgence et finissent par recevoir le double de leurs besoins. Sauf que les produits retournés à la pharmacie ne sont pas remis dans le système. Car cela demande un long travail : dix minutes par produit, même pour la moindre plaquette, avec un coût en sorties papier et étiquettes parfois supérieur au médicament retourné », justifient les syndicats. Conclusion, des doublons dans les commandes, un suplus de médicaments dont l'établissement doit se débarrasser, et au final donc un énorme gaspillage. 

Un scandale malvenu dans un contexte d'économie sur le médicament
Une histoire choquante dans un contexte particulier en plus. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a en effet récemment dévoilé, dans une interview au quotidien Les Echos, les grandes lignes de son plan de 10 milliards d’euros d’économies pour l’assurance maladie. Parmi les axes de son plan, une lutte sans merci contre la consommation de médicaments inadaptés. Résultat attendu : 2,5 milliards d’euros d’économie d’ici 2017. Ici, il ne s'agit pas de médicaments inadaptés, puisqu'ils sont jetés avant même d'être consommés !

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