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QUESTION D'ACTU

A Boulogne-Billancourt (92)

Hôpital public : un émir privatise 9 chambres pendant une semaine

Du 8 au 13 mai, un riche émir du Golfe a privatisé pas moins de neuf chambres du 7ème étage de l'hôpital public Ambroise-Paré (92). Des chambres destinées à ses gardes du corps et sa famille.

Hôpital public : un émir privatise 9 chambres pendant une semaine Mandel Ngan/AP/SIPA

  • Publié 17.05.2014 à 18h38
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L'expression « avoir la folie des grandeurs » (à en perdre la raison) n'a jamais aussi bien porté son nom. Cette semaine, l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné relate l'histoire à peine croyable de ce prince saoudien qui a récemment privatisé neuf chambres et une salle de détente, du 8 au 13 mai, au 7ème étage de l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. En raison du régime de faveur accordé à l'hôte de marque, l'hisoire ne fait guère sourire du côté des syndicats de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

Des contraintes de sécurité...
En effet, des douchettes ont été installées dans les toilettes et retirées depuis. Du mobilier comme des chaises et un canapé ont également été sortis des réserves de l'établissement. Et le patient s'est attaché les services d'un traiteur, a reconnu la direction de l'Assistance publique. Pour se défendre, cette dernière indique aussi que l'autorisation de réservation des chambres par le professeur de chirurgie orthopédique qui a opéré l'émir a été acceptée compte tenu « de l'importante recette attendue. » Comme autre argument de défense, elle invoque que c'est pour des « contraintes de sécurité » qu'un tel dispositif a été mis en place.
Elle assure enfin que la date a été choisie en raison de la baisse d'activité inhérente aux longs week-ends et n'a en aucun cas pénalisé les autres patients. « Il n'a jamais eu d'infirmières ou d'aides-soignantes dédiées. Les règles du fonctionnement du service ont été respectées », a-t-elle précisé auprès de l'Agence France Presse (AFP).

La prestation majorée de 30 % a été réglée sans délai
« C'est choquant, même s'il a payé ! Mettre à disposition un étage et permettre à une personne d'effectuer des travaux parce qu'elle est riche, ce n'est pas l'image de l'assistance publique. C'est considérer uniquement l'aspect mercantile », a pour sa part déploré le secrétaire général Sud de l'AP-HP, Jean-Marc Devauchelle, dans un entretien accordé à l'AFP. « Avoir une chambre individuelle ne devrait pas être un luxe », a-t-il poursuivi. 

Pour conclure cette incroyable histoire, il faut tout de même souligner qu'un devis a été réalisé en amont de l'hospitalisation et payé en totalité par le patient avant sa sortie de l'hôpital.  Et conformément à la loi de financement de la Sécurité Sociale, la prestation a été majorée de 30 %, ce qui s'applique habituellement aux patients non-résidents. « Cette activité est peu développée à l'AP-HP et représente uniquement 0,5% de nos patients », a conclu cette dernière.

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