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QUESTION D'ACTU

Selon une étude canadienne

Mémoire : pourquoi les souvenirs de la petite enfance ne restent pas gravés

Pour tous, les souvenirs de la petite enfance sont souvent rares. Pour la première fois, une étude canadienne semblerait en moyen d'expliquer comment le cerveau efface les informations de l'enfance.

Mémoire : pourquoi les souvenirs de la petite enfance ne restent pas gravés Des neurones (DURAND FLORENCE/SIPA)

  • Publié 18.05.2014 à 12h50
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Lorsque l’on parle de sa propre enfance, il est rare de se souvenir de ce que l’on faisait à 11 mois, à 3 ans ou même parfois à 6 ans. Mais pourquoi est-il si difficile voire impossible de se souvenir de son premier anniversaire, de son premier noël, de ses premiers pas ? La question de l’amnésie infantile, c’est à dire l’absence de souvenir avant 6 ans, passionne la communauté scientifique depuis des années. Pour la première fois, une étude américaine, relayée par le site Maxisciences, pense avoir trouvé une réponse à cette question que tout le monde se pose. C'est la neurogénèse, c'est à dire le processus de création des neurones, qui en serait responsable. Les résultats de l’étude ont été publiés la semaine dernière dans la revue Science.

En se développant, le cerveau effacerait les souvenirs

Deux chercheurs canadiens, Sheena Josselyn et Paul Frankland, ont essayé de trouver le mécanisme qui pourrait expliquer la disparition de nos souvenirs d’enfance. L’expérience a été faite sur deux types de souris, des souris adultes et des souris de 17 jours environ, ce qui équivaut à une année chez un bébé. Ils ont crée des souvenirs chez les souris en les plaçant dans un cage métallique qui leur envoyait, à intervalle régulier, de petites décharges électriques. Le lendemain, elles ont été placées dans une cage ressemblante mais là, pas de décharge électrique. Pourtant, les souris adultes se sont tout de suite crispées mais les jeunes souris, elles, ne se souvenaient absolument pas des décharges électriques. Ils ont réessayé un mois plus tard et le résultat était exactement le même.

Les deux chercheurs ont essayé de voir si l’activité de l’hippocampe chez les jeunes souris n’était pas la responsable de cette amnésie. Comme chez les souris, l’hippocampe a un rôle essentiel dans la jeune enfance. Il permet, par un procédé appelé neurogénèse, la création de nouveaux neurones. Après avoir ralenti la neurogénèse chez les jeunes souris, les chercheurs ont découvert que leur mémoire était réellement accrue. Ainsi, l’amnésie infantile serait due à l’activité de l’hippocampe. Les nouveaux neurones effaceraient progressivement les premiers souvenirs pour faire de la place aux nouveaux neurones, et par conséquent par la suite aux nouveaux souvenirs.

« Cette trouvaille a été très surprenante pour nous. La plupart des gens pensent que de nouveaux neurones impliquent une meilleur mémoire, » confiait Shenna Josselyn, neuroscientifique à Toronto, à la revue The Scientific American.


Freud et les autres hypothèses...

La découverte faite par le couple de chercheurs n’est pas une première. De nombreux psychanalystes et neurobiologistes ont cherché à expliquer l’amnésie infantile.

Sigmund Freud a été un des premiers à s’intéresser à ce phénomène. Pour lui, ce n’est pas un phénomène biologique mais un phénomène psychique. L’adulte serait dans l’incapacité de se souvenir de sa jeune enfance car il aurait mis en place un mécanisme psychologique : le refoulement. Il permettrait aux adultes de réprimer l’émergence de souvenirs liés à la sexualité infantile.

Une autre théorie émet l’hypothèse que l’oubli des souvenirs de la jeune enfance serait dû à l’apprentissage du langage. L’enfant commencerait à garder des souvenirs en mémoire au moment où il pourrait être capable de raconter ses souvenirs.

Quoiqu’il en soit la nouvelle hypothèse émise par ces chercheurs canadiens est saluée par le monde scientifique. « Je pense que la nouvelle hypothèse fournit un mécanisme convaincant pour expliquer pourquoi nous ne nous rappelons pas de nos souvenirs infantiles, » a déclaré Mazen Kheirbek, spécialiste en neurogénèse à l’Université de Columbia, au site internet Vox.

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