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Infarctus chez les femmes : des erreurs de diagnostic fatales

Par Cécile Coumau

Crise d'angoisse ou infarctus ? Manifestement, la réponse à la question n'est pas évidente. Et tout particulièrement chez les femmes. Plusieurs sites Internet - celui du Parisien, de RTL ou encore d'Europe 1 - rendent compte d'une étude canadienne publiée ce 17 mars dans le Journal de l'Association médicale canadienne. Elle révèle que si les femmes succombent plus souvent que les hommes à un infarctus du myocarde, c'est parce que leur malaise est souvent attribué à une crise d'angoisse.


Après avoir interrogé 1123 malades âgés de 18 à 55 ans hospitalisés dans 24 établissements canadiens, mais aussi dans un hôpital américain et un autre en Suisse, les chercheurs ont constaté que les femmes bénéficiaient moins souvent d'électrocardiogrammes et de défibrillations que les hommes. "Ces résultats suggèrent que le personnel affecté au triage des malades est plus porté à écarter l'origine cardiaque du malaise chez les femmes qui présentent des symptômes d'anxiété", a souligné l'un des auteurs de l'étude, le Dr Pilote.


Les médecins font-ils preuve de sexisme pour autant ? Pas sûr puisque d'une part, les femmes interrogées dans l'étude étaient réellement plus sujettes à la dépression et l'anxiété, mais surtout les symptômes typiques d'un infarctus sont moins fréquents chez les femmes. Une étude publiée en septembre 2013 dans le Jama Internal Medicine révélait par exemple que 20% des femmes de moins de 55 ans n'éprouvaient pas la fameuse douleur dans la poitrine. En outre, ces mêmes jeunes femmes avaient aussi moins souvent de symptômes évocateurs d'un syndrome coronarien aigu, tels qu'un sentiment de faiblesse, des difficultés respiratoires et/ou des battements cardiaques rapides. Pour autant, cela ne signifie pas que l'infarctus est moins grave. En revanche, la conséquence, c'est une surmortalité chez les femmes. Une autre étude parue en juillet 2013 dans le journal Global Heart, la revue de la Fédération mondiale pour le coeur, mettait en évidence que 42% des femmes de plus de 65 ans victimes d'un infarctus décédaient dans l'année contre 24% chez les hommes.

 

Permière diffusion : 18 mars 2014