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QUESTION D'ACTU

Demande du statut de praticien hospitalier

Sages-femmes : le Collectif menace d'une crise sans précédent

Dans l’attente du choix de la ministre sur le futur statut des sages-femmes, la tension monte. Le Collectif annonce une crise sans précédent si le statut de praticien hospitalier n'est pas accordé.

Sages-femmes : le Collectif menace d'une crise sans précédent MEUNIER AURELIEN/SIPA

  • Publié 03.03.2014 à 19h28
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« Sages-femmes, nous sommes, sages-femmes nous le resterons, mais pas sans le statut médical au sein des personnels médicaux hospitaliers. » C'est la mise en garde du Collectif (1) adressée au gouvernement à la veille des annonces qui vont être rendues publiques demain sur l'avenir de la profession de sages-femmes. Mardi, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, devra en effet trancher : soit maintenir la profession au sein de la fonction publique hospitalière, soit faire accéder ces professionnelles au statut de praticien hospitalier (PH). En effet, contrairement aux pharmaciens, médecins ou chirurgiens-dentistes, les sages-femmes sont toujours considérées à l'heure actuelle comme une profession « paramédicale. »

Corriger 30 ans d'incohérences législatives
Pour cette raison, les sages-femmes du Collectif avertissent d'ores et déjà dans un communiqué qu'elles ne se contenteront plus d’un « statut tiédasse », un statut « entre-deux ». Surtout qu'en pratique, lors des grossesses sans complications, les sages-femmes exécutent tous les actes que font les médecins hospitaliers spécialistes de la grossesse (échographie, préparation à l'accouchement, monitoring...). Elles appellent donc la ministre de la Santé, « à corriger 30 ans d’incohérences législatives. » « Quel symbole serait-ce, au cours de la semaine internationale de la femme, que de rétablir l’égalité en intégrant enfin cette profession majoritairement féminine dans le statut de praticien hospitalier ! », souligent ces femmes.

Enfin, si la ministre venait à ne pas répondre à leur demande, les sages-femmes ne cachent pas la colère qui s'en suivrait. « Préparez-vous à gérer une crise sans précédent dans les maternités de France si la cause des sages-femmes ne trouve pas satisfaction », avertissent-elles. Surtout qu'aujourd'hui, le Collectif estime toujours que 60 à 70% de maternités sont en grève.

Une profession divisée
Un chiffre élevé car d'autres sages-femmes sont elles aussi en grève. Ces dernières réclament pour leur part des augmentations de salaires. Pour rappel, alors qu'elles ont un bac+5 avec une première année de médecine, les sages-femmes sont payées comme des bac+2 et demi, avec même pas le salaire de base qui correspond à un niveau licence.   
A ce titre, les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud et Unsa de la fonction publique hospitalière (FPH) ont appelé récemment la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à rendre un arbitrage sur le statut des sages-femmes à l'hôpital, « afin d'ouvrir dans la foulée des négociations salariales. »

Néanmoins, l'intersyndicale défend de son côté le maintien des sages-femmes hospitalières dans la FPH. D'ailleurs, selon cette même intersyndicale, des sondages réalisés depuis quelques semaines dans les grands centres hospitaliers révèlent que, « partout où les sages-femmes ont voté, entre 80 % et 96 % souhaitent rester dans la FPH. » « C'est le cas notamment à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (AP-HP, Val-de-Marne), l'un des plus touchés par la grève des sages-femmes, où 96 % d'entre elles souhaiteraient rester dans la FPH », avait indiqué au mois de février à l'Agence presse médicale Annie-Claude Ottan, sage-femme déléguée syndicale CGT. Pour elles, le statut de praticien hospitalier « implique une grande précarité de l'emploi, une grande mobilité nationale et un régime de retraite désavantageux. »

(1) ONSSF, CNSF, ANSFC, ANESF, CNEMa, CFTC santé sociaux 

 

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