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Travaux de chercheurs français

Cancers : un diurétique pour améliorer la chimiothérapie

Par Julian Prial

Un diurétique, la spironolactone, améliorerait l'efficacité de la chimiothérapie. Elle bloquerait les mécanismes naturels de réparation de l'ADN des cellules tumorales.

Capture d'écran (Inserm)

Les chimiothérapies sont des traitements anticancéreux dont le principe consiste à induire des lésions dans l’ADN des cellules tumorales afin d’inhiber leur prolifération. Toutefois, de manière naturelle, l’organisme tente de réparer ces lésions et diminue ainsi l’efficacité des chimiothérapies. Bloquer les mécanismes de réparation de l’ADN permettrait donc de potentialiser la chimiothérapie en diminuant la résistance des cellules au traitement.
Partant de ce postulat, des chercheurs de l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) se sont mis en quête de la molécule "miracle". Celle qui améliorerait l'efficacité de la chimiothérapie. Et à ce titre, ils ont découvert une molécule déjà connue comme diurétique, la spironolactone, qui laisse entrevoir à très court terme son utilisation comme adjuvant aux chimiothérapies. Ces résultats inédits ont été publiés dans Chemistry&Biology.
 
Pour parvenir à cette découverte, Frédéric Coin, directeur de recherche à l'IGBMC et ses collègues ont testé près de 1200 molécules thérapeutiques et mis en évidence l’action de la spironolactone, une molécule déjà utilisée pour le traitement de l’hypertension, sur l’activité "Nucleotide Excision Repair" (NER). Ce mécanisme est capable de détecter une lésion puis de remplacer le fragment d'ADN endommagé par un fragment sain.

Grâce à ce diurétique, ces chercheurs français ont notamment montré que son action combinée à celle des dérivés de platine provoquait une augmentation importante de l'altération des cellules (cytotoxicité) cancéreuses du colon et des ovaires.
Ces scientifiques soulignent par ailleurs que la spironolactone a d'autres bénéfices. « Elle est déjà utilisée et ne nécessite pas de nouvelle demande de mise sur le marché et ses effets secondaires sont déjà connus. Ce résultat laisse donc présager le développement rapide de nouveaux protocoles de chimiothérapie incluant la spironolactone », conclut l'équipe