- En 2023, la moitié des patients pris en charge passent plus de 3h10 aux urgences, contre 2h15 en 2013.
- Cette hausse concerne tous les types de parcours, même les cas les plus simples.
- Selon la Drees, cet allongement du temps d’attente aux urgences reflète les difficultés à trouver des lits d'hospitalisation en aval des urgences.
Fracture suspectée, potentielle appendicite, calculs rénaux, douleur dans la poitrine… De nombreuses raisons peuvent pousser les Français à se rendre aux urgences. Dans l’Hexagone, il n'est pas rare que l'attente atteigne plusieurs heures pour les cas non graves, notamment lors des périodes de forte affluence. Dans une nouvelle étude, Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) a voulu déterminer la durée de passage aux urgences, entre l’enregistrement administratif et la sortie effective du service, en fonction des parcours de soin des patients. Pour cela, les experts ont utilisé les données de l’enquête "Urgences", menée en collaboration avec les professionnels des urgences en 2023.
Près d’une heure d’attente supplémentaire aux urgences en 10 ans
Ce sondage, donnant "une photographie nationale des urgences sur 24 heures un jour moyen en semaine", montre qu’en dix ans, la durée passée aux urgences s’est allongée pour tous les types de parcours de soin. Plus précisément, en 2023, un jour d’activité moyenne aux urgences, la moitié des patients ayant fait l’objet d’une prise en charge complète y ont passé plus de 3h10, contre 2h15 en 2013. Cela correspond à près d’une heure d’attente supplémentaire.
"L’étude montre comment cette durée varie suivant les types de parcours. Les parcours les plus courts consistent en une consultation seule, sans examen technique ni soin, sans admission en unité d’hospitalisation de courte durée, ni hospitalisation à la sortie des urgences." Selon les données, la moitié des patients concernés passent moins de 1h35 aux urgences, soit plus de 20 minutes par rapport à 2013. Les parcours avec soins et recours à des examens (radiographie, scanner, biologie...) sans hospitalisation durent au moins 3h55 pour la moitié des maladies, soit plus de 1h15 par rapport à 2013.
Allongement du temps d’attente aux urgences : quelles sont les causes ?
Les experts indiquent que le temps d’attente accroît entre l’enregistrement et le début des soins (prise en charge médico-soignante). "Moins d’une demi-heure s’écoule pour la moitié des patients, mais plus de 2 h 30 pour un sur dix", précise la Drees qui ajoute que les personnes arrivées en début d’après-midi et dans les points d’accueil à forte affluence patientent plus longtemps avant la prise en charge médico-soignante. Mais, c’est l’étape suivante qui retarde réellement l’accès aux soins : la "recherche d’un lit". Elle prend moins de 15 minutes, comme en 2013, pour la moitié des personnes hospitalisées en aval des urgences. Néanmoins, pour un patient sur dix concerné, plus de 6h10 sont nécessaires pour trouver un lit, soit plus de 2h20 par rapport à 2013. "La recherche d’un lit d’aval prend plus de temps le matin qu’à d’autres moments de la journée, ainsi que pour les personnes âgées et dans les services à plus forte affluence."


