- Des chercheurs ont développé un test sanguin associé à une IA pour identifier plusieurs maladies neurodégénératives.
- L'outil atteint une précision de 92,3 % et détecte aussi les pathologies mixtes.
- Il devra toutefois être validé par de nouvelles études avant une utilisation en clinique.
Diagnostiquer avec précision une maladie neurodégénérative reste aujourd'hui un véritable défi. Alzheimer, Parkinson, démence à corps de Lewy ou démence fronto-temporale présentent souvent des symptômes qui se chevauchent et se confondent, ce qui rend les erreurs fréquentes. Parfois, plusieurs maladies neurodégénératives peuvent coexister chez un même patient. Aux Etats-Unis, une équipe de chercheurs de la Washington University School of Medicine à Saint-Louis a récemment mis au point un outil d'intelligence artificielle (IA) capable d'identifier plusieurs de ces pathologies à partir d'une simple prise de sang, avec une précision supérieure à 90 %. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Alzheimer's & Dementia.
Un test sanguin pour distinguer plusieurs maladies du cerveau
"A l'heure actuelle, de nombreux patients reçoivent une seule étiquette diagnostique, comme Alzheimer ou Parkinson, alors qu'en réalité leur cerveau présente souvent un mélange de lésions liées à plusieurs maladies", explique Carlos Cruchaga, professeur de psychiatrie et auteur principal de l'étude, dans un communiqué. Les chercheurs ont donc développé un classificateur basé sur l'IA capable de différencier cinq situations : la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson, la démence fronto-temporale, la démence à corps de Lewy et le vieillissement cérébral normal.
Pour concevoir cet outil, les scientifiques ont sélectionné 15 protéines présentes dans le sang et associées aux mécanismes biologiques des maladies neurodégénératives. Certaines sont déjà reconnues comme des marqueurs de la maladie d'Alzheimer (tau, amyloïde), tandis que d'autres reflètent des phénomènes d'inflammation ou de dommages aux neurones.
L'intelligence artificielle a été entraînée à partir des données biologiques de plus de 3.200 personnes suivies par des centres de recherche. Les participants comprenaient des patients atteints de différentes formes de démence ainsi que des personnes sans troubles cognitifs. Les résultats ont ensuite été validés auprès d'un groupe indépendant de 225 personnes ayant bénéficié d'un suivi clinique de leur vivant et d'une analyse cérébrale après leur décès.
Une précision de plus de 92 %
Ce faisant, le modèle a atteint une précision diagnostique globale de 92,3 %. Surtout, il s'est montré capable de détecter des pathologies mixtes – une situation courante mais difficile à identifier lors d'une consultation classique. Par exemple, l'IA a permis d'identifier, chez certains patients diagnostiqués avec Parkinson, des modifications biologiques proches de celles observées dans la maladie d'Alzheimer, révélant ainsi des "atteintes multiples" passées inaperçues.
"Notre objectif était de construire un test qui ne se contente pas de répondre 'oui' ou 'non' à une seule maladie, mais qui fournisse une indication sur l'ensemble des maladies neurodégénératives présentes chez une personne", souligne Carlos Cruchaga. Selon le chercheur, ce nouveau test, qui devra être validé par des études complémentaires avant une utilisation en pratique clinique, ouvre la voie à une médecine de précision et à des traitements mieux adaptés.



