- Les jeunes lisent encore globalement, mais le décrochage est net à l’adolescence, surtout entre 16 et 19 ans, une tranche d’âge à laquelle un tiers des adolescents ne lisent plus du tout.
- Ce phénomène s’inscrit dans un contexte où, pour leurs loisirs, les jeunes passent toujours 10 fois plus de temps sur les écrans qu’à lire des livres.
- Pourtant, "lire est un temps essentiel" et bénéfique pour le cerveau et le bien-être.
Accros aux écrans, les jeunes tournent le dos aux livres. C’est le constat fait par la cinquième édition d’une étude commandée par le Centre national du livre et réalisée par Ipsos BVA. Menée auprès de 1.500 jeunes de 7 à 19 ans, représentatifs de la population française, l’enquête indique que la lecture est globalement stable par rapport à 2024 (84 % lisent pour l’école, les études ou le travail et 81 % lisent pour leurs loisirs). Cependant, un décrochage est particulièrement observé à l’adolescence. En effet, plus d’un tiers des 16-19 ans ne lisent pas du tout. Pour les loisirs, la lecture décroît avec l’âge, en particulier chez les garçons avec 76 % d’entre eux lisent à 13-15 ans (un écart de 15 points comparé aux garçons de 7-12 ans), 56 % à 16-19 ans (écart de 35 points comparé aux garçons de 7-12 ans). "Sur les derniers livres lus pour l’école, les études ou le travail, les adolescents sont beaucoup moins nombreux que les plus jeunes à les comprendre, les aimer ou les lire facilement."
Pourquoi la lecture est-elle en perte de vitesse chez les jeunes ?
Cet abandon de la lecture s’explique par le fait que les écrans ont conquis le temps libre des jeunes. Pour preuve : ils consacrent 18 minutes par jour à la lecture loisir, soit moins d’une minute qu’en 2024 et moins de 8 minutes qu’en 2016. En parallèle, ils passent quotidiennement 3h01 sur les écrans et jusqu’à plus de 5h à 16-19 ans. "Sur écran, ils lisent peu (16 % lisent des livres) et regardent majoritairement des vidéos courtes (56 %). Ils passent aussi du temps sur les réseaux sociaux (56 % des 7-9 ans ; 72 % des 10-12 ans ; 99 % des 16-19 ans) et, pour certains, y consacrent au moins 1h par jour (notamment sur TikTok, Instagram et Snapchat)."
En outre, la transmission parentale de la lecture diminue. En 10 ans, les parents lisent de moins en moins d’histoires à leurs enfants, même à ceux de 7-9 ans qui en sont les premiers destinataires. Pourtant, cette lecture partagée, favorisant le développement du goût de la lecture, est jugée très positivement par tous. "D’ailleurs, la figure d’exemple des parents en matière de lecture a également reculé en 10 ans : 18 % des jeunes déclarent que leurs parents ne lisent pas de livres eux-mêmes (surtout leur père), quand ils n’étaient que 7 % à l’affirmer en 2016."
Lecture : quels sont les bienfaits ?
"Lire est un temps essentiel, un temps pour soi, qu’il faut absolument préserver", souligne Régine Hatchondo. En outre, de nombreuses recherches en psychologie, neurosciences et santé publique montrent que la lecture a des effets mesurables sur le cerveau et le bien-être. Il a, en effet, été prouvé que lire mobilise en même temps plusieurs zones cérébrales (langage, mémoire, attention, imagination). Cela contribue à entretenir les fonctions cognitives et à ralentir leur déclin. Ce loisir permet également de se "déconnecter" du stress quotidien et améliore l’humeur. La lecture favorise aussi les compétences sociales, comme l’empathie, et intellectuelles (plus de vocabulaire, de connaissances, pensée critique). Autre vertu : les personnes qui lisent régulièrement, en particulier le soir, bénéficient d’un meilleur sommeil.


