- Le finastéride reste un traitement efficace contre la calvitie.
- Mais ses effets indésirables, parfois graves, inquiètent les autorités.
- Une attestation devient obligatoire pour mieux encadrer son usage.
Prendre un comprimé pour freiner la chute des cheveux : c’est le quotidien de milliers de Français traités au finastéride, un médicament largement utilisé contre la calvitie masculine. Mais ses effets indésirables parfois graves, déjà pointés du doigt ces dernières années, inquiètent les autorités sanitaires, qui renforcent son encadrement.
Un traitement efficace contre la calvitie
Prescrit dans l’alopécie androgénétique, le finastéride (ou Propecia) agit en bloquant la 5-alpha-réductase, une enzyme impliquée dans la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT). Cette hormone est responsable de la miniaturisation des follicules pileux. Comme le précise le Manuel MSD, "le finastéride 1 mg par voie orale une fois par jour peut arrêter une perte des cheveux et stimuler leur croissance", avec une efficacité visible après 6 à 8 mois. Ce traitement séduit particulièrement les hommes jeunes, âgés de 18 à 41 ans, soucieux de leur apparence.
Mais cette efficacité a un coût. Depuis plusieurs années, des signalements d’effets secondaires s’accumulent et les troubles sexuels sont les plus fréquents (baisse de libido, troubles de l’érection ou de l’éjaculation). A cela s’ajoutent des effets plus préoccupants, notamment des troubles psychiatriques. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) évoque des cas d’"humeur dépressive, anxiété, idées suicidaires", pouvant parfois persister après l’arrêt du traitement. Par ailleurs, en 2025, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a réévalué le rapport bénéfice-risque du finastéride. Conclusion : le médicament reste utile, mais nécessite une vigilance accrue.
Une nouvelle règle pour mieux informer les patients
Face à ces risques, l’ANSM impose une nouvelle mesure à partir du 16 avril 2026 : une attestation annuelle d’information partagée, signée par le médecin et le patient. Ce document remplace la fiche d’information existante et formalise un échange sur les risques, les signes d’alerte et la conduite à tenir. Sans cette attestation, la délivrance du médicament pourra être refusée par le pharmacien.
L’agence précise que "la présentation de cette attestation au pharmacien, en plus de l’ordonnance du médecin, conditionnera la dispensation du finastéride 1 mg". Les patients déjà traités devront s’y conformer avant le 16 juin 2026. Au-delà de l’aspect administratif, cette mesure vise à responsabiliser patients et médecins. Un suivi régulier est recommandé, avec arrêt du traitement et consultation rapide en cas de symptômes inquiétants.


