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QUESTION D'ACTU

Thalamus, cortex, tronc cérébral…

Lecture : les bénéfices profitent à plusieurs zones du cerveau

Apprendre à lire est bénéfique pour le cerveau, même à l’âge adulte. Cet enseignement augmente la synchronisation de plusieurs régions importantes.

Lecture : les bénéfices profitent à plusieurs zones du cerveau Max Planck Institute for Psycholinguistics

  • Publié 07.07.2017 à 18h06
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En France, le fléau de l’analphabétisme est presque un ancien souvenir. Seul 1 % de la population ne sait ni lire ni écrire. Mais que ces personnes ne désespèrent pas. Même à l’âge adulte, le cerveau tire les bénéfices de cet enseignement. C’est ce que montre une étude réalisée en Inde et publiée dans Science Advances.

Quatre Indiens sur dix sont analphabètes. Le Sous-continent était donc le lieu idéal pour évaluer l’impact d’un apprentissage de la lecture sur le cerveau. Les chercheurs de l’Institut Max-Planck de Psycholinguistique (Allemagne) ont donc recruté 20 personnes d’une trentaine d’années, avec l’aide de l’université d’Hyderabad (Inde).

Trois régions activées

Ces volontaires ont, pendant six mois, appris à lire le Devanagari. Cette écriture est utilisée pour retranscrire l’Hindi, langue majoritaire en Inde. Elle est plutôt complexe puisque, au lieu de symboliser des lettres, elle exprime des syllabes voire des mots entiers. Et pourtant, en un semestre, les participants ont atteint le niveau de lecture d’un élève de CP.

Tout au long de cet apprentissage, les adultes ont connu de profondes modifications de l’activité cérébrale. Les scientifiques, eux, ont été surpris par ce qu’ils observaient. « Jusqu’ici, on supposait que les modifications se limitaient à la couche extérieur du cerveau, le cortex, dont on sait qu’il s’adapte rapidement aux nouveaux défis », explique Falk Huettig, de l’Institut Max-Planck de Psycholinguistique.

Les bénéfices de la lecture s’étendent en fait à un réseau bien plus large. Le cortex préfrontal, impliqué dans la gestion du langage, de la mémoire et du raisonnement, devient plus actif. Mais le thalamus et le tronc cérébral – qui jouent un rôle dans l’audition, la motricité ou encore la vision – évoluent eux aussi.

Une explication de la dyslexie

Les activités de ces zones du cerveau se synchronisent mieux à celles qui surviennent dans le cortex visuel. Et cela ne relève pas d’une simple coïncidence. « Ces structures profondes, le thalamus et le tronc cérébral, aident notre cortex visuel à filtrer les informations importantes parmi le flux visuel qui survient avant même que nous le percevions consciemment », détaille Michael Skeide, également auteur de l’étude.

La lecture constitue donc une étape majeure dans le développement de notre cerveau. Mais au-delà de ce « coup de jeune », ces résultats pourraient s’avérer très utiles dans la compréhension des troubles d’apprentissage de la lecture et de l’écriture, comme la dyslexie.

4 à 5 % des écoliers français souffrent de dyslexie. Leurs difficultés sont peut-être liées à un défaut structurel du thalamus ou à une mauvaise synchronisation des différentes régions sollicitées. Mais confirmer cette hypothèse risque de s’avérer difficile. Il faudrait constater ces anomalies avant même la scolarisation des enfants.

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