- Des niveaux plus élevés d'hormones, l'IMC élevé et le stress sont associés à un début précoce de la puberté chez les filles.
- Les hormones concernées sont les glucocorticoïdes, les androgènes et la progestérone.
- Cette découverte pourrait aider à prévenir les pubertés trop précoces.
Lors d’une puberté précoce, les filles présentent les premiers signes de changement (développement des seins, apparition des poils, accélération de la croissance, arrivées des règles) avant huit ans. Si le phénomène est rare, il n’est pas sans conséquence sur leur santé plus tard. Il est donc important d’en comprendre les mécanismes. D'autant plus que nous observons depuis plusieurs années un abaissement de l'âge de l'arrivée de la puberté féminine.
Une étude menée par l’université de Columbia vient de faire une avancée de taille sur le sujet : elle a mis en lumière trois causes possibles : le stress, un IMC élevé et les hormones. Cette découverte a été détaillée dans un article paru dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, le 7 avril 2026.
Puberté : les hormones, l’IMC et le stress accéléreraient sont arrivées
Pour mieux comprendre l’origine de la puberté précoce, les chercheurs ont repris les dossiers d’une cohorte de 1.040 filles âgées de 6 à 13 ans vivant aux États-Unis et au Canada. Les participantes ont été suivies tous les six mois au moyen d'évaluations cliniques, de questionnaires sur leur santé mentale ou encore de prélèvements biologiques.
L’équipe s’est ensuite concentré sur 327 filles en prépuberté au début de l'étude et ayant fourni des échantillons d'urine au moins un an avant le début de la puberté. Les analyses ont montré que des taux élevés de trois hormones (glucocorticoïde, androgène et progestérone) dans les urines avant la puberté étaient fortement associés à un développement mammaire accéléré. De plus, les jeunes participantes présentant des taux élevés de glucocorticoïdes, un IMC élevé et un niveau de stress important entraient en puberté en moyenne sept mois plus tôt que les autres.
Les travaux ont également révélé que la progestérone, les androgènes et les glucocorticoïdes jouaient tous un rôle crucial dans le déclenchement de la puberté. Et pas uniquement la progestérone comme on aurait pu y penser. L’équipe a ainsi remarqué que des niveaux élevés de composés produits par les trois hormones étaient associées à un déclenchement plus précoce de la puberté. Des taux importants d'androgènes et de progestérone étaient aussi liés à une durée plus longue de la puberté. "Les effets des hormones sur le déclenchement de la puberté étaient significativement modulés par l'IMC et le niveau de stress", notent les scientifiques dans leur communiqué.
"Il est intéressant de noter que ces associations étaient constantes, indépendamment des antécédents familiaux de cancer du sein", ajoute Dr Mary Beth Terry, auteure principale de l’étude.
Puberté précoce : prendre des mesures pour réduire les risques
"Si le stress et l’IMC sont reconnus depuis longtemps comme des facteurs prédictifs indépendants de la puberté, peu d’études ont examiné leurs interactions avec les hormones chez les filles", explique la Pr Lauren Houghton, première auteure de l’étude. "Nos résultats remettent en question les recherches conventionnelles qui se sont principalement concentrées sur les œstrogènes et la corpulence, et mettent plutôt en lumière le rôle du stress et des androgènes – généralement considérés comme des hormones mâles – dans le développement pubertaire."
L’équipe ajoute que ces résultats pourraient contribuer à expliquer les hausses de cas de puberté précoce observées ces dernières années et aider à développer des “stratégies de prévention concrètes”. "Des interventions visant à réduire le stress et des changements de mode de vie sains pourraient contribuer à retarder la puberté précoce et à améliorer la santé à long terme", propose Lauren Houghton. "Comme la puberté précoce est liée à un risque accru de cancer du sein plus tard dans la vie, ces résultats ont des implications importantes pour les soins pédiatriques et la santé publique", conclut-elle.



