- Le coma artificiel est un état provoqué pour protéger le corps en situation critique.
- Il permet de réduire la douleur et de préserver les organes.
- Son réveil est progressif et nécessite une surveillance étroite.
Elle avait été retrouvée "inconsciente" après plusieurs minutes sous l’eau. Mardi 14 avril, l’actrice Nadia Farès, 57 ans, a été placée dans un coma artificiel après une noyade dans une piscine à Paris, selon les informations du Parisien. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce terme médical ?
Un coma provoqué et maîtrisé
Le coma artificiel, ou coma médicalement induit, correspond à une perte de conscience volontairement provoquée par des médicaments. Comme l’explique la neurologue Donia Mahjoub à Santé Magazine, "contrairement au coma classique, le coma artificiel est maîtrisé". Il est induit grâce à des sédatifs, des morphiniques ou des curares, créant un état proche d’une anesthésie générale. Selon la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR), il s’agit de "l’utilisation de moyens médicamenteux destinés à assurer le confort physique et psychique du patient". Ce dernier, souvent intubé, est alors pris en charge par des machines qui assurent les fonctions vitales, notamment la respiration.
Le recours au coma artificiel intervient dans des situations critiques, de la détresse respiratoire au traumatisme crânien, en passant par l’AVC ou encore l’arrêt cardiaque. L’objectif est clair : mettre l’organisme au repos. En effet, en ralentissant les fonctions vitales, le corps consomme moins d’énergie et peut mieux se réparer. Comme le souligne la Société française de réanimation de langue française (SRLF), cette technique permet "d’assurer le confort du patient, de faciliter les soins et de préserver les organes vitaux". Elle peut aussi stabiliser la pression intracrânienne ou permettre des chirurgies lourdes.
Dans le cas de Nadia Farès, cette mise en sommeil vise à limiter les dommages, notamment cérébraux.
Un réveil progressif et sous surveillance
Le coma artificiel peut durer de quelques heures à plusieurs semaines. Dès que l’état du patient le permet, les médecins réduisent progressivement les sédatifs. Le réveil est souvent lent, parfois marqué par de la confusion ou de l’agitation. Sans compter que le coma artificiel fait courir des risques de séquelles : infections, troubles musculaires ou complications cardiovasculaires. "Le risque majeur est d’avoir des troubles cardiaques", précise la Dre Mahjoub, tout en rappelant que ces pratiques sont aujourd’hui mieux maîtrisées.
La suite passe généralement par une phase de rééducation, dont la durée varie. Chaque cas reste en effet unique, et les séquelles dépendent de nombreux facteurs, comme la durée du coma ou la gravité initiale.


