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Coma : comment savoir ?

Comment savoir si un patient est conscient lorsqu’il est incapable de communiquer ? Un test auditif simple est un bon indicateur pour séparer les comas végétatifs des comas qui ont un meilleur pronostic.

Coma : comment savoir ? beerkoff1/Epictura

  • Publié 23.10.2017 à 15h58
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D’après une étude de l’Inserm menée chez 127 patients dans le coma, âgés de 17 à 80 ans, la modification des battements cardiaques en réponse à une stimulation sonore est un bon indicateur de l’état de conscience des comas profonds. C’est ce qui ressort d’un communiqué de presse de l’nserm publié aujourd'hui.

Un test simple et complémentaire

Le test consiste à faire écouter des séquences sonores initialement répétitives puis présentant, de manière rare et aléatoire, des variations. Lors de ces perturbations, les chercheurs déterminent si le rythme des battements cardiaques s’en trouve modifié, traduisant une prise de conscience des bruits environnants et un meilleur pronostic du coma.

C’est ce que montrent Jacobo Sitt, chercheur à l’Inserm, et son équipe basée à l’institut du cerveau et de la moelle épinière à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, AP-HP, dans un article paru dans Annals of Neurology. Cet examen facile à réaliser est complémentaire aux tests déjà existants et permet un diagnostic prédictif plus fin, utile à la fois aux médecins et aux familles.

Coma : importance pronostique de l’état de conscience

L’étude des troubles de la conscience dans le coma distingue schématiquement l’état végétatif, dans lequel le patient est éveillé mais non conscient, de l’état de conscience minimale qui correspond à un certain degré de conscience. Distinguer ces deux états est très important pour établir un pronostic sur le devenir du malade, pour informer les proches et mettre ainsi en œuvre un traitement adapté.

Tous les outils développés jusqu’à présent pour déterminer l’état de conscience, comme l’électroencéphalogramme (EEG), l’IRM fonctionnelle ou le PET-scan, se concentraient sur le fonctionnement du cerveau. Ces outils nécessitent soit un équipement lourd, soit des analyses complexes.

Des chercheurs de l’Inserm ont utilisé une approche novatrice : l’exploration de l’interaction entre le cœur et le cerveau. De précédentes études avaient mis en évidence que les processus « inconscients » du système neuro-végétatif, comme la respiration ou les battements du cœur, pouvaient être modulés par des processus cognitifs conscients. La perception d’une stimulation externe, auditive par exemple, pourrait donc se traduire par un effet sur l’activité cardiaque, et cela d’autant plus facilement que le sujet est conscient.

Une étude prometteuse

En étudiant les données de 127 patients en état végétatif ou de conscience minimale, les chercheurs ont constaté que les cycles cardiaques étaient effectivement modulés par la stimulation auditive uniquement chez les patients conscients ou minimalement conscients.

Ils ont également montré que ces résultats étaient complémentaires des résultats obtenus en EEG. La combinaison de ces deux tests (test cardiaque et EEG) améliorant nettement les performances de prédiction de l’état de conscience d’un patient.

 

Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives dans le cadre d’une approche globale pour évaluer l’état de conscience des patients dans le coma. Les chercheurs souhaitent à présent étendre le cadre à d’autres signaux physiologiques modulés par des processus conscients comme la respiration ou la dilatation des pupilles pour mettre au point un outil complet afin de mieux évaluer l’état de conscience au lit du patient.

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