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Oncologie

Cancer de la gorge : les facteurs de risque mal connus

Dans le cadre de la troisième édition de la campagne nationale Rouge-Gorge, une enquête souligne 63 % des Français interrogés n’identifient pas les papillomavirus humains comme un facteur de risque des cancers de la gorge.

Cancer de la gorge : les facteurs de risque mal connus Eakkarat Thiemubol/iStock




L'ESSENTIEL
  • Alors que les consultations liées aux cancers de la gorge augmentent chez les jeunes, moins de 50 % des 18-24 ans déclarent connaître réellement la maladie.
  • Seuls 37 % des personnes interrogées ont conscience que les papillomavirus humains (HPV) sont responsables de ces cancers.
  • Ce déficit de connaissance favorise les retards de diagnostic, notamment chez les jeunes qui ne se sentent pas toujours concernés, alors que la guérison est possible dans 80 à 90 % des cas lorsque le cancer est détecté précocement.

"On associe encore trop souvent les cancers de la gorge à des profils qui ne correspondent plus à la réalité. Aujourd’hui, certains de ces cancers touchent aussi des personnes jeunes, actives, qui se sentent en bonne santé. C’est un message difficile, mais nécessaire à faire passer", a déclaré Émilie Carré, ancienne patiente diagnostiquée à l’âge de 22 ans et membre de l’association Corasso. Ses propos sont corroborés par le professeur Sylvain Morinière, ORL et chirurgien de la face et du cou, qui confie voir de plus en plus de jeunes en consultations pour un cancer de la gorge. Dans le cadre de la troisième édition de la campagne nationale Rouge-Gorge, que le spécialiste a coordonnée, une enquête a été menée par l’Ifop afin d’évaluer les connaissances des Français sur les cancers de la gorge. Au total 1.000 personnes, représentatif de la population française âgée de plus de 18 ans, ont été interrogés.

Les cancers de la gorge sont encore méconnus et sous-estimés en particulier par les jeunes adultes

Les résultats montrent que les cancers de la gorge sont moins identifiés que les autres tumeurs. Parmi les répondants, 91 % ont déjà entendu parler des cancers de la gorge, seuls 65 % indiquent savoir précisément de quoi il s’agit. Cette méconnaissance de la maladie est plus marquée chez les jeunes. En effet, chez les 18-24 ans, moins de 50 % déclarent connaître réellement la pathologie. "À l’inverse, les cancers du sein, du poumon ou de la prostate sont cités spontanément comme des cancers bien connus." En outre, les cancers de la gorge sont moins perçus comme fréquents. Pour preuve : seuls 13 % des personnes sondés leur attribuent un niveau de fréquence élevé. Pourtant, les cancers de la gorge, qui représentent environ 15.000 nouveaux cas chaque année, sont, par exemple, cinq fois plus fréquents que le cancer de l’utérus.

Cancer de la gorge : le HPV identifié comme facteur de risque par seulement 37 % des participants

En ce qui concerne les facteurs de risques, ces derniers sont également mal connus par les jeunes. Alors que les cas de cancers de la gorge liés aux papillomavirus humains continuent d’augmenter, seuls 37 % des adultes interrogés que les HPV sont responsables de cette maladie. Pour rappel, les papillomavirus humains sont responsables d’environ 40 à 60 % des cancers de l’oropharynx (amygdales, base de la langue). "Ces formes dites HPV-induites touchent aussi bien les femmes que les hommes, souvent plus jeunes, en bonne santé générale, sans exposition aux facteurs de risque évitables."

Cette méconnaissance et sous-évaluation des cancers de la gorge et de ces facteurs de risque contribuent à des retards de diagnostic. Pourtant, la guérison est possible dans 80 à 90 % des cas lorsqu’ils sont détectés précocement. Selon le sondage, 74 % des répondants en ont conscience, mais les retards de diagnostic sont "encore trop fréquents", notamment chez les jeunes adultes pour qui le sentiment de faible risque persiste. "Près de 70 % des cancers de la gorge sont encore diagnostiqués à un stade avancé."

"Éclairer les personnes qui être touchées par un cancer sans se sentir concernées car elles sont jeunes"

Face à ces données inquiétantes, le professeur Sylvain Morinière souligne l’importance de "communiquer pour éclairer des personnes qui être touchées par un cancer sans se sentir concernées car elles sont jeunes." C’est l’objectif de la campagne Rouge-Gorge qui rappelle que la présence d’un symptôme d’un cancer de la gorge (maux de gorge, douleurs à la déglutition, difficultés à parler, douleurs dans l’oreille, enrouement, grosseur dans le cou, tache rouge ou blanche dans la bouche…) pendant trois semaines doit amener à consulter un médecin, même chez les patients ayant moins de 30 ans se sentant en bonne santé.

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