- La prosopagnosie rend la reconnaissance des visages très difficile pour les personnes qui en sont atteintes.
- Ce trouble neurologique n’a pas de lien avec la mémoire.
- Il existe deux principaux types de prosopagnosie : développementale (présente depuis l’enfance) et acquise avec une maladie.
“Le déclic a eu lieu quand je suis allé chercher mon fils à la crèche”, explique Yohann, atteint de prosopagnosie, au micro de RTL. Ce trouble neurologique rare rend la reconnaissance des visages très difficile pour les personnes qui en sont atteintes.
La prosopagnosie n’a pas de lien avec la mémoire. Il s’agit d’un trouble de la reconnaissance des visages qui relève de la difficulté à traiter certaines informations visuelles. Selon la Fondation Alzheimer, il existe deux principaux types de prosopagnosie : développementale, présente depuis l’enfance, ou acquise, c’est-à-dire qui se développe avec certaines maladies neurodégénératives comme celle d’Alzheimer.
Du mal à reconnaître ses proches
"Parmi tous les enfants, j'hésit[ais] entre trois (...), confie Yohann. Je ne p[ouvais] pas prendre un enfant au hasard, et je ne p[ouvais] pas aller demander à l'assistante maternelle : 'Excusez moi, pourriez-vous me dire quel est mon enfant ?'" Pour lui, cette difficulté a constitué le déclic.
Pourtant, il en a rencontré bien d’autres avant. Dès l’enfance, sur une photo de classe, il n’arrivait pas à distinguer ses camarades de classe. Autre indice : “Si ma mère chang[eait] de coiffure, je ne la reconnais[sais] pas, précise-t-il. J'ai un souvenir d'enfance où elle revient de chez le coiffeur et elle me demande 'qu'est-ce que tu penses de ma nouvelle coupe ?' Je lui réponds 'Je n'aime pas'.” À l’âge adulte, la prosopagnosie était toujours présente, si bien qu’il pouvait croiser sa femme dans la rue sans la reconnaître.
Deux types de prosopagnosie : développementale et acquise
Face à la prosopagnosie, Yohann s’est adapté. Au travail, il avait un plan des bureaux, où il avait inscrit le nom de chacun de ses collègues à leur place. "98 % du temps, je reconnais les gens, explique-t-il. C'est juste que moi, je n'utilise pas le visage pour reconnaître. Déjà, je me reconnais dans le regard des autres."
Yohann n’est pas seul, Brad Pitt aussi semble souffrir de cette maladie. C’est en tout cas ce qu’il expliquait, en 2013, au média Esquire : "c'est un mystère pour moi. Je ne peux pas retenir un visage. Tellement de gens me détestent parce qu'ils pensent que je leur manque de respect". Un handicap invisible qui concerne pourtant beaucoup de personnes.
Selon le DailyMail, le taux de prévalence généralement admis pour la prosopagnosie est entre 2 et 2,5 % de la population mondiale adulte. Dans une étude publiée en 2023 dans la revue Cortex, les chercheurs estiment que beaucoup plus de personnes seraient concernées car, dans leurs travaux, plus de 3 % des participants en souffraient.


