- L’université de Caen a lancé, le 27 mars dernier, son premier campus, dédié aux formations en santé, sans tabac.
- Cette démarche vise à éliminer l’exposition au tabagisme passif et de réduire l’initiation au tabagisme des jeunes et encourager l’arrêt au tabac.
- À ce jour, plus de 2 étudiants sur 5 ont déjà expérimenté le tabac en Normandie, selon une récente enquête.
La lutte contre le tabac gagne l’université. Pour preuve : celle de Caen (Normandie) a inauguré, le 27 mars, son premier campus sans tabac. Plus précisément, sur le campus 5, dédié aux formations en santé, les espaces extérieurs devant les entrées principales des bâtiments deviennent des lieux sans tabac, accompagnés d’une signalétique adaptée et d’actions de sensibilisation. "Des aménagements spécifiques, notamment des zones de tolérance dédiées à distance des lieux de passage, permettent d’accompagner cette transition sans stigmatisation. Cette démarche répond aux objectifs du Plan national de lutte contre le tabac (PNLT) 2023-2027 dont l’objectif est de "bâtir la première génération sans tabac à l’horizon 2032." Elle vise à éliminer l’exposition au tabagisme passif, réduire l’initiation au tabagisme des jeunes et encourager l’arrêt au tabac, promouvoir l’exemplarité, respecter le lieu de vie de campus et la biodiversité et à déployer des espaces sans tabac.
Tabac : 2 étudiants sur 5 l’ont déjà consommé en Normandie
Cette initiative a été mise en place après les réponses positives d’une enquête menée auprès de plus de 700 étudiants et membres du personnel du campus 5. Le sondage montre que 78 % des personnes intéressées sont favorables à la transformation du campus. "Une large majorité des non-fumeurs considère que ce dispositif permettra de réduire efficacement l’exposition au tabagisme passif", qui provoque 3.000 à 5.000 morts par an. Au niveau régional, une autre étude souligne que, malgré une baisse globale du tabagisme, les jeunes restent particulièrement concernés, avec plus de 2 étudiants sur 5 ayant déjà expérimenté le tabac en Normandie. "Ces constats renforcent la nécessité d’actions concrètes à l’échelle des lieux de vie universitaires", peut-on lire dans le communiqué de l’université.
Vers une généralisation des espaces sans tabac dans les universités ?
Si le campus 5 constitue un site d’expérimentation, l’université de Caen prévoit d’étendre progressivement le dispositif à l’ensemble de ses 13 campus, ainsi qu’à des sites partenaires. Cet engagement pour la santé publique et la prévention a aussi été prise par d’autres établissements. C’est le cas de l’université de Strasbourg qui a mis en place des zones non-fumeurs autour des bâtiments, des École des hautes études en santé publique à Rennes avec l’interdiction de fumer partout (intérieur et extérieur) ou encore de l’université de Rennes, dont le campus santé Villejean est devenu 100 % sans tabac l’année dernière.
Interdiction de fumer : quels sont les lieux concernés ?
Pour rappel, il est interdit de fumer dans les lieux fermés et couverts accueillant du public ou constituant des lieux de travail, les moyens de transport collectif, ainsi que les espaces non couverts des écoles, collèges et lycées publics et privés, les établissements destinés à l’accueil, à la formation ou à l’hébergement des mineurs. "En 2016, cette interdiction a été élargie aux aires de jeux pour enfants et à l’intérieur d’une voiture lorsqu’un mineur y est présent", précise le ministère de la Santé. En juillet 2025, la réglementation a été étendue aux parcs et jardins publics, aux plages bordant des eaux de baignade pendant la saison balnéaire, aux zones affectées à l’attente des voyageurs, aux espaces non couverts des bibliothèques et des équipements sportifs, aux abords immédiats des établissements scolaires, aux établissements destinés à l’accueil, à la formation ou à l’hébergement des mineurs.


