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QUESTION D'ACTU

Désinfectants

Ces produits ménagers abîmeraient vos poumons sans que vous le sachiez

Une étude alerte sur les risques de certaines substances chimiques présentes dans les produits désinfectants. Inhalées, elles pourraient endommager les poumons et favoriser certaines maladies respiratoires.

Ces produits ménagers abîmeraient vos poumons sans que vous le sachiez Maridav / istock




L'ESSENTIEL
  • Les désinfectants contenant des composés d’ammonium quaternaire (CAQ) pourraient être dangereux lorsqu’ils sont inhalés.
  • Les scientifiques ont constaté chez la souris des lésions pulmonaires sévères lors d’expositions à des CAQ.
  • Respirer ces substances, notamment via les sprays et aérosols, pourrait suffire à les faire pénétrer dans l’organisme.

Ils sont partout dans nos produits d'hygiène et ménagers, des sprays désinfectants aux bains de bouche, en passant par les lingettes et les assouplissants textiles. Les composés d’ammonium quaternaire (CAQ), largement utilisés au quotidien pour éliminer les microbes, pourraient présenter un risque sous-estimé pour la santé respiratoire, en particulier lorsqu’ils sont inhalés. C’est ce que révèle une étude américaine menée par l’Université de Californie à Davis et publiée dans la revue Environmental Science & Technology.

Une toxicité bien plus forte par inhalation

"C’est la conclusion surprise de nos travaux : ces composés provoquent, lorsqu’ils sont inhalés, des lésions aux poumons et une mortalité 100 fois supérieures à celles observées par ingestion orale", explique l'un des chercheurs, Gino Cortopassi, biochimiste et pharmacologue, dans un communiqué. Au cours d'expériences chez des souris, les scientifiques ont constaté des lésions pulmonaires importantes lors d’expositions à des CAQ à des niveaux comparables à ceux mesurés chez l’humain. Des résultats qui interrogent directement l’usage des sprays et aérosols désinfectants, qui facilitent l’entrée de ces particules dans les voies respiratoires.

Les inquiétudes ne datent pas d’hier. Dès 2021, la même équipe avait montré que 80 % des participants à une étude présentaient des traces de CAQ dans leur sang. Un constat inattendu, car ces composés pénètrent mal la peau ou le système digestif. Ce n’est pas tout : les individus ayant les concentrations les plus élevées présentaient les niveaux d’énergie les plus faibles dans leurs mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. D’où leur hypothèse : l’inhalation pourrait être la principale voie d’exposition chez l’humain.

Un risque potentiel pour les maladies respiratoires

La nouvelle recherche renforce cette piste. Chez les souris exposées par inhalation, les niveaux de CAQ retrouvés dans le sang sont similaires à ceux mesurés chez l’humain. Cela suggère que respirer ces substances – notamment via les aérosols – pourrait suffire à les faire pénétrer dans l’organisme. "Compte tenu de leur toxicité pulmonaire avérée chez la souris, nous devons nous demander si nous souhaitons réellement garder ces désinfectants à base de CAQ dans notre environnement", alerte Gino Cortopassi.

Les chercheurs évoquent également un lien possible avec certaines maladies respiratoires comme l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), mais des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces effets chez l’Homme.

En attendant, pour être moins exposés aux CAQ, il reste préférable de privilégier les produits non aérosols, aérer les pièces lors du nettoyage et, à l’heure où certains peuvent tomber dans un excès d’aseptisation, peut-être se calmer un peu sur les lingettes désinfectantes.

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