- Au total, 62 cas d’effets indésirables, dont 21 cas graves sur le territoire français, ont été signalés après l’administration du vaccin contre le chikungunya, Ixchiq, du laboratoire Valneva.
- Entre le 2 juin et le 31 août 2025, 15 nouveaux cas d’effets indésirables dont trois cas graves ont été recensés.
- Actuellement, la surveillance, qui reste utile dans certains cas, est renforcée par l’ANSM.
Transmis par des moustiques tigres, le chikungunya, causant des douleurs significatives et une incapacité prolongée qui affectent la qualité de vie des personnes touchées, a fait un retour inquiétant en 2025. Plus précisément, en mai dernier, 225 cas de chikungunya ont été identifiés, en France hexagonale, essentiellement importés (94 % provenaient de La Réunion et les autres revenant de séjour de l'île Maurice, d'Indonésie, de Mayotte et d'Inde). "Du 1er mai 2025 au 12 août 2025, 115 cas autochtones et 914 cas importés de chikungunya ont été recensés en France hexagonale", peut-on lire sur le site de l’Assurance Maladie.
Le vaccin Ixchiq est utilisé contre le chikungunya
Pour freiner l’épidémie, une campagne de vaccination par le vaccin Ixchiq, développé par le laboratoire Valneva, avait commencé au début du mois d'avril 2025. Celle-ci concernait les adultes âgés de 65 ans et plus, notamment celles présentant des comorbidités (hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, respiratoires, rénales, hépatiques et neurovasculaires…), les personnes âgées de 18 à 64 ans avec comorbidités et les professionnels impliqués dans la lutte antivectorielle. En outre, le Haut Conseil de santé publique recommandait le vaccin Ixchiq aux moins de 65 ans avec comorbidités voyageant à destination d’une zone épidémique ou s’expatriant dans une zone de circulation récente du virus du chikungunya.
Selon l’Assurance Maladie, la vaccination contre le chikungunya avec le vaccin Ixchiq a été suspendue le 26 avril 2025 chez les patients de 65 ans et plus, mais maintenue chez les personnes de 18 à 65 ans présentant des comorbidités. La raison : trois cas d'effets indésirables graves, dont un décès, rapportés. "En juillet 2025, après une nouvelle évaluation du vaccin, le comité d'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance autorise à nouveau la vaccination des plus de 65 ans." Cependant, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a, à la suite des signalements, mené une enquête de pharmacovigilance au sujet des effets indésirables du vaccin Ixchiq. Pour celle-ci, deux synthèses, datant du 2 au 30 juin 2025 et du 30 juin au 31 août 2025, ont été passées en revue.
Effets indésirables du vaccin contre le chikungunya : 21 cas graves recensés en France
Depuis le début de la vaccination, au total 62 cas d’effets indésirables, dont 21 cas graves ont été recensés sur le territoire français. Sur la période du 2 juin au 31 août 2025, 15 nouveaux cas d’effets indésirables, dont 3 cas graves ont été déclarés. "Il s’agit de déclarations tardives qui concernent des vaccinations réalisées avant le 28 avril 2025. Ces cas ont été rapportés majoritairement chez des personnes vaccinées dans des zones où la maladie circule activement (zones endémiques) ou en pleine épidémie, chez des sujets âgés de 65 ans et plus", précise l’ANSM qui indique que les principaux effets indésirables graves signalés dans les deux synthèses évoquent des symptômes similaires à ceux observés lors de formes graves d’infections au virus chikungunya (syndrome "chikungunya like").
En outre, les premières analyses de l’enquête nationale de pharmacovigilance avaient mis en évidence un signal concernant l’encéphalite et l’encéphalopathie chez les personnes âgées ayant des maladies associées. Le 12 mars dernier, le comité de pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne des médicaments a recommandé, après une évaluation, une nouvelle modification du résumé des caractéristiques du produit (RCP) afin de préciser que des cas graves, tels que la méningite aseptique, peuvent également survenir chez des patients jeunes ne présentant pas de comorbidités.
"Pas de nouveau signal potentiel en France"
"Les nouvelles synthèses intermédiaires ne révèlent pas de nouveau signal potentiel en France. Un nouveau cas de mésusage lié à l’injection d’Ixchiq à des patients immunodéprimés a été déclaré. Nous rappelons aux professionnels de santé qu’Ixchiq est contre-indiqué chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli (immunodéficientes ou immunodéprimées) en raison d’une maladie ou d’un traitement médical, comme le précise son résumé des caractéristiques du produit (RCP) et sa notice", a conclu l’autorité sanitaire qui assure une surveillance renforcée des effets secondaires du vaccin du laboratoire Valneva.



