- Selon une étude menée auprès de 340.000 adultes, une consommation élevée d’alcool augmente nettement le risque de décès et ce, quel que soit le type d’alcool consommé.
- Mais chez les personnes ayant une consommation faible à modérée, certains alcools seraient associés à un risque moins élevé.
- D’après les chercheurs, il s’agit du vin, avec lequel le risque cardiovasculaire serait plus faible, comparativement à la bière, au cidre et aux spiritueux.
Le risque cardiaque serait moins élevé pour ceux qui boivent du vin, à condition que leur consommation reste faible à modérée. Voici la conclusion d’une nouvelle étude, dont les résultats seront présentés lors du congrès annuel de l’American College of Cardiology (ACC.26), qui se tiendra du 28 au 30 mars prochain, à la Nouvelle-Orléans, aux États-Unis.
Une consommation élevée d’alcool augmente le risque de décès
Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont étudié les données de plus de 340.000 adultes, issues de l’étude UK Biobank menée entre 2006 et 2022. Ils ont ainsi eu accès aux habitudes de consommation d’alcool des participants ainsi qu’aux informations sur la mortalité de ces derniers.
En fonction de leur rapport à l’alcool, les volontaires ont été classés en quatre groupes :
- non-consommateurs / consommateurs occasionnels : moins de 20 grammes (g) d’alcool par semaine, soit environ 1,5 verre standard.
- ceux ayant une faible consommation d'alcool :
- entre 20 g par semaine et 20 g par jour pour les hommes ;
- entre 20 g par semaine et 10 g par jour pour les femmes. - ceux ayant une consommation modérée d’alcool :
- entre 20 et 40 g par jour pour les hommes, soit environ 1,5 à 3 verres standard ;
- entre 10 et 20 g quotidiens pour les femmes. - ceux ayant une consommation élevée :
- supérieure à 40 g par jour pour les hommes, soit environ 3 verres ou plus ;
- supérieure à 20 g quotidiens pour les femmes, soit environ 1,5 verre ou plus.
Résultats : qu’importe l’alcool, les participants ayant une consommation élevée présentaient des risques plus élevés de décès, comparativement aux personnes ne buvant jamais d'alcool ou qu’occasionnellement. Chez les premiers, les chercheurs ont mesuré une hausse de la mortalité de 24 % toutes causes confondues, de 36 % par cancer et de 14 % par maladie cardiovasculaire.
Le risque cardiaque serait moins élevé chez les buveurs de vin
En revanche, chez les participants ayant une consommation faible à modérée, les chercheurs ont observé une différence en fonction du type d’alcool bu. Les spiritueux, la bière et le cidre étaient associés à un risque de décès significativement plus élevé comparativement au vin.
Plus étonnant, les consommateurs modérés de vin présentaient un risque de décès par maladie cardiovasculaire inférieur de 21 % à celui des personnes ne buvant jamais d'alcool ou qu’occasionnellement. À l’inverse, en comparaison avec ce même groupe, une faible consommation de spiritueux, de bière ou de cidre était associée à un risque de décès par maladie cardiovasculaire supérieur de 9 %.
“Nos résultats permettent d’éclaircir des données jusqu’ici contradictoires sur la consommation d’alcool faible à modérée, explique Zhangling Chen, autrice principale de l’étude, dans un communiqué. Ces résultats pourraient contribuer à affiner les recommandations, en soulignant que les risques pour la santé ne dépendent pas seulement de la quantité d’alcool consommée, mais aussi du type de boisson. Même à faible ou modérée dose, la consommation de spiritueux, de bière ou de cidre est associée à une mortalité plus élevée, tandis que celle de vin pourrait être liée à un risque plus faible.”
En attendant, les recommandations de Santé publique France restent les mêmes : ne pas boire plus de deux verres par jour et pas tous les jours.



