- Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont mis au point un anticorps expérimental pour traiter le cancer du sein triple négatif, une forme très agressive de la maladie.
- Lors de tests en laboratoire, le traitement a ralenti la croissance des tumeurs, réduit les métastases pulmonaires et détruit des cellules cancéreuses résistantes à la chimiothérapie.
- Ce traitement a aussi permis de reprogrammer certaines cellules immunitaires et ainsi de restaurer leur capacité à lutter contre le cancer.
15 % des cas de cancers du sein relèvent d’une forme appelée “triple négatif”, selon l’Institut Gustave Roussy, très agressive et qui touche souvent les jeunes femmes. Pour cette maladie, les thérapies ciblées ne fonctionnent généralement pas et les patientes ont souvent un traitement de chimiothérapie classique, moins efficace, selon l’Institut Pasteur de Lille.
Un anticorps cible la protéine clé du cancer du sein triple négatif
Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Breast Cancer Research, des chercheurs ont peut-être découvert un traitement qui pourrait être très efficace pour ces patientes : un anticorps expérimental ciblant la protéine SFRP2. Celle-ci a un rôle très important dans la progression du cancer, car elle empêche la mort des cellules tumorales et affaiblit les défenses immunitaires qui devraient éliminer la tumeur.
“Mon laboratoire a identifié pour la première fois le rôle de SFRP2 dans le cancer du sein en 2008, indique le Dr Nancy Klauber-DeMore, chirurgienne oncologue spécialisée dans le cancer du sein et auteure de cette étude, dans un communiqué. Depuis, nous avons découvert son mécanisme d'action dans la croissance, la métastase et l'épuisement immunitaire du cancer du sein, et nous avons développé un anticorps pour bloquer SFRP2.”
L’anticorps tue les cellules cancéreuses résistantes à la chimiothérapie
Pour mesurer l’efficacité de ce nouvel anticorps, les scientifiques l’ont testé en laboratoire. En tant que traitement du cancer du sein triple négatif, il a obtenu de très bons résultats :
- un ralentissement de la croissance des tumeurs primaires ;
- une diminution de la formation de métastases pulmonaires, signe de la dissémination du cancer ;
- une destruction de cellules cancéreuses résistantes à la chimiothérapie.
Ce bilan, déjà positif, ne s'arrête pas là. Les chercheurs ont aussi étudié sa capacité à aider les cellules immunitaires.
SFRP2 est présent dans les cellules cancéreuses. Mais, lors de cette étude, l'équipe a découvert que cette protéine l’était aussi dans les cellules immunitaires environnantes, notamment les lymphocytes et les macrophages infiltrant la tumeur.
"C’est la première fois que l’expression de SFRP2 sur les macrophages associés aux tumeurs est démontrée, souligne le Dr Nancy Klauber-DeMore. Cette découverte ouvre à elle seule une perspective entièrement nouvelle pour comprendre et potentiellement manipuler le microenvironnement immunitaire."
Le nouvel anticorps a permis d’augmenter l’efficacité des lymphocytes T et de reprogrammer les macrophages. Ces derniers ont retrouvé leur fonction immunitaire et sont devenus plus combatifs contre le cancer. À terme, cette découverte pourrait permettre la mise au point d’un traitement pour reprogrammer le système immunitaire des patients afin qu’il réponde au cancer à des stades plus avancés.
"Nous espérons que cela offrira un jour aux patients une nouvelle option thérapeutique, qui non seulement traite le cancer, mais modifie également la capacité du système immunitaire à le combattre", conclut le Dr Nancy Klauber-DeMore.




