- Souvent, les fractures de la cheville impliquent une fracture du péroné (l'os externe de la cheville), qui laisse la cheville soit stable, soit instable.
- L'immobilisation plâtrée s’avère tout aussi efficace que la chirurgie pour le traitement des fractures instables de la cheville.
- De plus, cette option non-chirurgicale provoque moins d'effets indésirables liés au traitement que l’opération.
Marche ratée, glissade sur sol mouillé, mauvaise réception du ballon après un saut… Plusieurs situations peuvent entraîner une fracture de la cheville. Cette blessure se traduit par une articulation douloureuse et enflée. Généralement, les personnes ne peuvent pas s’appuyer dessus. "Les fractures stables du péroné (l'os externe de la cheville) sont traitées à l’aide d’une botte de marche ou d’un plâtre, et la plupart des fractures du tibia nécessitent une chirurgie", indique le Manuel MSD. Lorsque la fracture laisse l’articulation instable, la chirurgie est recommandée comme traitement de référence.
Fracture instable de la cheville : 126 patients ont porté un plâtre ou ont été opérés
Dans une récente recherche, des scientifiques finlandais ont voulu comparer l’efficacité de la chirurgie et de l’immobilisation par plâtre "par réduction ouverte et ostéosynthèse (la mise en place des vis dans un ou plusieurs os fragilisés dans le but de consolider et de diminuer la douleur)." Pour cela, ils ont recruté 126 personnes, âgées de plus de 16 ans, présentant une fracture instable de la cheville de type Weber B, confirmée par un test de rotation externe sous contrainte dans un centre de traumatologie hospitalier universitaire spécialisé en Finlande, entre janvier 2013 et juillet 2021. Les participants ont été divisés en deux groupes pour soit bénéficier d’une immobilisation plâtrée conventionnelle pendant six semaines, soit se faire opérer puis recevoir une immobilisation plâtrée durant six semaines. Par la suite, les patients ont été suivis pendant deux ans et ont consulté un kinésithérapeute à six et douze semaines pour la rééducation. Les évaluations réalisées lors des suivis comprenaient la fonction de la cheville, la douleur, la qualité de vie liée à la santé, l'amplitude articulaire de la cheville et des radiographies.
La chirurgie n'est pas plus efficace qu'une immobilisation plâtrée de six semaines
Au total, 121 volontaires ont terminé l’intervention. Le score de cheville d'Olerud-Molander (OMAS), une échelle de 0 à 100 points où un score élevé indique une meilleure consolidation, était de 89 dans le groupe ayant bénéficié d’une immobilisation plâtrée et de 87 dans le groupe opéré, soit une différence moyenne de 1,3 point entre les groupes. "Aucune différence statistiquement significative n'a été observée entre les groupes pour les critères d'évaluation secondaires. Un participant de chaque groupe présentait des signes radiographiques de pseudarthrose. Dans le groupe chirurgie, un participant a présenté une infection superficielle de la plaie, un autre un retard de cicatrisation et neuf ont subi une intervention pour ablation de matériel d'ostéosynthèse, dont deux ont développé une infection postopératoire (une profonde et une superficielle)", peut-on lire dans les résultats parus dans la revue The BMJ.
Dans les conclusions, l’équipe évoque quelques limites de leurs travaux, notamment l'absence de consensus concernant le test de rotation externe pour évaluer l'instabilité de la fracture. Néanmoins, "collectivement, cet essai et d'autres contribuent aux progrès indispensables des connaissances sur la prise en charge des fractures de la cheville."



