- Pratiquer différentes activités physiques réduit davantage le risque de mortalité qu'une activité unique.
- Un seuil d'efficacité semble exister autour de 20 heures-MET par semaine.
- La diversité pourrait bien être le secret d'une longévité active.
La clé de la longévité ne résiderait pas seulement dans la quantité d'exercice physique que l’on fait tout au long de sa vie, mais aussi dans la diversité des activités pratiquées. C'est du moins ce que suggère une étude dévoilée dans la revue BMJ Medicine, réalisée sur plus de 110.000 participants américains suivis pendant plus de 30 ans.
Varier les efforts pour maximiser les effets
Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs se sont appuyés sur deux grandes cohortes venues des Etats-Unis : la Nurses' Health Study (70.725 femmes) et la Health Professionals Follow-Up Study (40.742 hommes). Les participants ont décrit tous les deux ans leur mode de vie, leurs habitudes sportives, et leur état santé. Parmi les activités pratiquées : la marche, la course à pied, la natation, le cyclisme, la musculation, le yoga ou encore les sports de raquette.
Résultat : ceux qui pratiquaient une plus grande variété d'activités physiques présentaient un risque de mortalité globalement réduit de 19 %, et jusqu'à 41 % pour certaines causes précises comme les maladies cardiovasculaires ou respiratoires. Et ce, indépendamment de la quantité totale d'exercice. Autrement dit, faire plusieurs sports modérément serait plus protecteur que de se consacrer intensément à un seul. Et pour cause, cela permettrait de solliciter différents groupes musculaires et de diversifier les efforts cardio-respiratoires, mais également de rester motivé dans sa pratique sur le long terme.
Dans le détail, la marche à pied, activité la plus fréquente, était associée à une baisse de 17 % du risque de décès. Monter régulièrement des escaliers, à une diminution de 10 %. Les sports de raquette, eux, réduisaient le risque de mortalité de 15 %, le rameur ou les exercices de poids du corps 14 %, la musculation 13 %, le jogging 11 %, et le cyclisme 4 %.
Un seuil optimal d'activité physique
Dans leur étude, les scientifiques ont utilisé les scores MET (Metabolic Equivalent of Task, ou équivalent métabolique), une unité qui mesure la dépense énergétique d'une activité par rapport au repos, pour comparer les bienfaits selon le temps hebdomadaire consacré à chaque pratique. Ils soulignent que, même si l'activité physique régulière est toujours bénéfique, les effets protecteurs ont tendance à stagner au-delà d'un certain seuil (environ 20 heures-MET par semaine). Soit environ 6 h de marche par semaine, 2 h 30 de course à pied ou 4 h de natation.
Attention, la recherche, basée sur des données auto-déclarées, reste observationnelle et ne prouve pas le lien de cause à effet, elle confirmerait l’hypothèse selon laquelle une "pratique régulière de plusieurs types de sport peut contribuer à prolonger la durée de vie", affirment les auteurs dans un communiqué. Pour eux, l'enjeu est donc d'intégrer plus de diversité dans les recommandations de santé publique. Il s'agirait de promouvoir non seulement l'activité physique pratiquée au quotidien, mais aussi l'exploration de nouvelles pratiques : danser, jardiner, faire du yoga ou alterner entre sports individuels et collectifs.


