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Fin de vie

Suicide assisté : les objections de l’Ordre des médecins

La position de la Conférence des citoyens sur la fin de vie suscite des réticences de la part du Conseil de l'ordre des médecins. Il  estime que le suicide assisté est contraire aux valeurs médicales.

Suicide assisté : les objections de l’Ordre des médecins   JDD/SIPA

  • Publié 19.12.2013 à 07h00
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«La possibilité de se suicider par assistance médicale constitue, à nos yeux, un droit légitime du patient en fin de vie ou souffrant d'une pathologie irréversible, reposant avant tout sur son consentement éclairé et sa pleine conscience». La Conférence des citoyens réunie par le Comité consultatif national d’éthique pour réfléchir sur la fin de vie a rendu public ce lundi le bilan de ses réflexions. Contrairement aux deux avis d’experts sollicités depuis 2012 par François Hollande, les citoyens proposent d’ouvrir par la loi la possibilité du suicide assisté. pourquoidocteur a interrogé le Dr Jean-Marie Farroudja, président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l'ordre des médecins.  

 

pourquoidocteur : Le panel citoyen réuni par le Comité d’éthique plaide pour la légalisation d’une forme de suicide médicalement assisté. Quelle est la position de l’Ordre face une possible évolution de la loi dans cette direction ?

 

Dr Jean-Marie Farroudja : Les conclusions de ce conclave de 18 personnes seulement, rejoignent celles de l’Ordre sur de nombreux points sauf le suicide médicalement assisté et l’euthanasie. En février 2013, l’Ordre avait considéré que l’euthanasie, c’est-à-dire la mort donnée délibérément, et le suicide assisté relevaient d’un débat sociétal et pas des soins de fin de vie.

Il faut avouer que cette notion de suicide assisté est un peu antinomique avec les valeurs que nous véhiculons, le médecin en train de donner à un patient en fin de vie de quoi se suicider et de l’assister médicalement, on ne voit pas d’ailleurs trop où est cette assistance qui consisterait à voir si le produit fait effet ou pas. L’accompagnement d’un patient en fin de vie doit se situer bien en amont et nous pensons que si il est promis au patient de tout faire pour qu’il ne souffre pas et que la loi Leonetti est appliquée dans tous ses recoins, en respectant l’autorisation du double effet dans l’usage des antalgiques majeurs, et bien, espérons que les patients en fin de vie ne réclamerons pas la mort à tout prix.

Si cela devait être voté dans la loi, il faudrait connaître toutes les conditions de la mise en place de ce suicide dit médicalement assisté, même si nous rejetons ce qualificatif. Certes, il faut considérer l’exceptionnelle exception, mais nous pensons que la loi Leonetti répond tout de même à l’immense majorité des situations.

 

Les citoyens ont insisté sur l’importance de l’assistance médicale pour éviter que ne se développe un marché de la fin de vie au profit d’associations ou d’entreprises privées. Vous ne l’entendez pas ainsi ?

 

Dr Jean-Marie Farroudja : Bien sûr que si, mais nous ne pouvons donner un avis binaire oui/non à une question qui recouvre tant de situations différentes pour évidemment éviter toute dérive. Il est certain que si un jour le suicide assisté est autorisé par la loi, la prescription des produits ne pourrait être que médicale. Mais nous n’en sommes pas du tout là et il appartient maintenant au Comité d’éthique de se prononcer et au législateur par la suite. Ce que nous disons, c’est que cette consultation citoyenne ne fait pas évoluer la position de l’Ordre, nous rejetons l’idée qu’on puisse demander au médecin de donner délibérément la mort. Et quoiqu’il arrive, la clause de conscience du médecin devra être absolument respectée. Le médecin qui estimerait ne pas pouvoir accompagner son patient jusqu’au bout de ce qui serait inscrit dans la loi devra l’en informer au plus tôt, sans pour autant l’abandonner, mais comme pour l’interruption volontaire de grossesse, la clause de conscience doit être absolument inaliénable.

 

Ecoutez le Dr Jean-Marie Farroudja, président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’Ordre des médecins : "Si la loi devait autoriser le suicide assisté, la clause de conscience du médecin devrait être absolument respectée."

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