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Semaine d'action 2023

Fibrillation atriale : "Il faut faire le maximum pour aider son corps"

Par Paul-Emile François

La fibrillation atriale est un dysfonctionnement du rythme cardiaque qui peut avoir des conséquences graves et notamment la survenue d'un AVC. Dans le cadre de la semaine d'action 2023 consacrée à cette maladie, le témoignage d'une patiente qui a dû soigner son hygiène de vie.

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La fibrillation atriale concerne plus d'un million de patients en France.
Ce dysfonctionnement du rythme cardiaque qui génère un risque de formation de caillots dans l'oreillette peut aboutir à la survenue d'un AVC.
Les traitements reposent sur des anticoagulants, des antiarythmiques ou une "ablation" de la FA qui consiste à désactiver les cellules cardiaques responsables de la maladie.

"Je n’aurais pas eu tous ces problèmes si je m’étais davantage occupée de moi…". Avoir dû traverser les épreuves liées à sa fibrillation atriale inspire bien des regrets à Marie-Ange Agasali, même si cette quinquagénaire raconte avoir trouvé aujourd’hui sa "vitesse de croisière".

"Au fil du temps, j'allais de moins en moins bien"

Les problèmes cardiaques de cette femme très active apparaissent en 1999 lorsque, à 33 ans, on lui diagnostique une maladie de Barlow congénitale, une dégénérescence de la valve mitrale. "Je travaille dans le tourisme d’affaire et l’événementiel, un métier prenant et stressant, et dès ce moment-là j’ai dû être traitée par des bétabloquants", raconte-t-elle. Un traitement qui fonctionne durant plusieurs années "mais au fil du temps, j’allais de moins en moins bien".

En 2018, lors d’une consultation en cardiologie à la Pitié-Salpêtrière, on lui diagnostique finalement une fibrillation atriale. Les médecins lui prescrivent des anticoagulants et lui annoncent qu’elle va sans doute devoir subir des chocs électriques, une des méthodes utilisées dans le traitement de la FA.

Un IMC trop important qui aggrave les troubles cardiaques

"Cela a marché deux fois, mais une semaine après, mon arythmie revenait." La conséquence, selon les dires de ses médecins, d’un IMC trop important. "En fait, je souffrais d’obésité morbide et évidemment cela n’arrangeait rien sur le plan cardiologique", explique Marie-Ange.

Dans le cadre d’une prise en charge intégrant cette donnée et assurée par un cardiologue et un rythmologue, elle se voit prescrire un traitement de choc : anticoagulants, béta-bloquants et diurétiques. "Mais malgré tout cela, rien n’y faisait." Verdict des médecins : 20 kilos à perdre et la proposition de l’équiper d’un pacemaker avant de passer à une ablation dite hybride de sa fibrillation atriale. Une intervention qui associe un geste chirurgical invasif et un geste par catheter pour isoler les zones du muscle cardiaque responsables de la FA et qui nécessite une hospitalisation de deux semaines et une rééducation de plusieurs mois.

La seule solution pour éviter une ablation de la FA : perdre du poids

"Cela me paraissait difficile de concilier un traitement aussi lourd avec mon activité professionnelle et en plus le rôle d’aidante que je devais tenir auprès de ma mère très âgée", se souvient Marie-Ange Agasali. Ne restait donc qu’une seule solution pour éviter le recours à cette intervention : perdre du poids. "Les avis divergeaient entre les médecins qui me suivaient sur la balance bénéfice-risque de l’ablation hybride, et finalement, j’ai décidé d’y renoncer".

40 kilos de perdus en un an

Avec l’aide d’un nutritionniste, elle bouleverse alors son hygiène de vie : manger plus sain, éviter tous les aliments pouvant boucher ses artères, bien dormir, voilà ce que Marie-Ange s’impose alors au quotidien. Et cela marche ! Elle perd 40 kilos en une seule année. "Aujourd’hui, je vais bien, et cela me conforte dans le choix que j’ai fait de ne pas être opérée", assure-t-elle. En insistant sur la leçon essentielle tirée de ses problèmes de santé : "Il faut faire le maximum pour aider son corps, avoir une bonne hygiène de vie est quelque chose d’hyper important !".