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Polyarthrite rhumatoïde précoce : l’obésité aggraverait les symptômes

Par Stanislas Deve

Le surpoids pourrait accentuer les symptômes des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde précoce, d’après une nouvelle étude qui fait le lien entre cette maladie auto-immune et l’indice de masse corporelle.

Chaichan Pramjit / istock
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune qui touche entre 0,5 et 1% de la population adulte. Elle se manifeste au départ le plus souvent par un enraidissement douloureux et le gonflement des articulations.
Si la maladie peut survenir à tout âge, elle apparaît généralement entre 30 et 50 ans, avec un pic autour de 45 ans. Elle est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, une différence probablement en partie due à un effet des œstrogènes sur la fonction immunitaire.
Cette étude suggère "une relation linéaire" entre le fait d’avoir un indice de masse corporelle élevé et l’aggravation des symptômes de la polyarthrite rhumatoïde précoce.

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie auto-immune qui se manifeste au départ le plus souvent par un enraidissement douloureux et un gonflement des articulations, généralement au niveau des poignets, des mains et des doigts. Elle évolue avec le temps sous la forme de poussées, entrecoupées de rémissions plus ou moins complètes. Une nouvelle étude, qui sera présentée lors de la réunion annuelle de l’American College of Rheumatology aux Etats-Unis, suggère aujourd’hui que l’obésité pourrait être un facteur aggravant des symptômes de polyarthrite rhumatoïde précoce.

Quel lien entre polyarthrite rhumatoïde et indice de masse corporelle ?

Pour arriver à ce constat, les chercheurs de l’Hospital for Special Surgery, entre autres, se sont appuyés sur les données d’une vaste étude réalisée entre 2014 et 2023 qui incluait 134 volontaires présentant au moins deux articulations enflées et des symptômes d’une PR précoce. Des questionnaires spécifiques, baptisés OMERACT RA-Flare Questionnaire (RA-FQ), ont notamment permis d’évaluer leurs symptômes de douleur, de raideur, de fatigue ou encore l’impact de la maladie diagnostiquée sur leur condition physique, notés de 0 (le plus bas) à 10 (le plus élevé).

L’équipe de scientifiques a ensuite voulu déterminer la corrélation entre l’indice de masse corporelle (IMC) des participants et leurs scores RA-FQ déduits de leurs auto-évaluations, en tenant compte de l’âge, du sexe ou encore de l’origine ethnique. Près de la moitié (46 %) étaient en surpoids.

Encourager les malades de polyarthrite rhumatoïde à perdre du poids

Résultat, les chercheurs ont constaté "une relation linéaire entre le fait d’avoir un IMC élevé et celui d’avoir un haut score RA-FQ", autrement dit entre le surpoids et l’aggravation des symptômes de polyarthrite rhumatoïde. "Les scores RA-FQ augmentent à mesure que le fait l’IMC, explique la chercheuse Margaret Butler, autrice principale de l’étude, dans un communiqué. La relation est encore plus significative lorsqu’on distingue les patients selon leur type d’IMC (sain, en surpoids ou obèse), ceux avec un IMC obèse ayant des scores RA-FQ plus élevés par rapport aux deux autres groupes."

Dès lors qu’il est acté qu’un IMC trop élevé est la cause profonde de poussées fréquentes, "les médecins devraient encourager les patients atteints de PR à perdre du poids, afin notamment d'éviter de prescrire des médicaments supplémentaires censés limiter les symptômes", souligne Vivian P. Bykerk, qui a participé à la recherche. Problème, il est souvent difficile pour ces personnes d’éliminer leurs kilos en trop car, généralement, "elles ont perdu beaucoup de masse musculaire". Mieux vaut chercher, selon les auteurs, à "développer ses muscles en ayant une alimentation plus nourrissante, riche en protéines".