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QUESTION D'ACTU

Sur-risque de décès de 24%

L’obèse en bonne santé n'existe pas

L'obésité, même sans hypertension, hypercholestérolémie, ou diabète, augmente à long terme le risque de décès et d'événements cardiovasculaires.

L’obèse en bonne santé n'existe pas West Coast Surfer / Moo/REX/SIPA

  • Publié 04.12.2013 à 12h32
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Avec le temps, avoir des kilos en trop n’est jamais anodin pour la santé. Même s’il n’y a pas d’hypertension, de diabète ou autre anomalie métabolique, être obèse, c’est-à-dire avoir un indice de masse corporelle supérieur à 30, entraîne des risques pour la santé. C’est la conclusion des chercheurs canadiens, de l’hôpital du Mont Sinai à Toronto, qui ont procédé à une analyse de toutes les études publiées sur le sujet depuis 1953 jusqu’à aujourd’hui. Les chercheurs ont examiné les résultats de ces études pour savoir si les personnes avec un même IMC mais des statuts métaboliques différents, comme le profil lipidique, la tolérance au glucose, l’hypertension… avaient les mêmes risques d’événements cardiovasculaires et de mortalité. 


Un risque de décès accru de 24%

« Notre recherche a montré que les obèses métaboliquement sains, ont un risque accru à long terme de décès et d’événements cardiovasculaires. Par exemple au bout de dix ans, le risque de décès est de plus de 24 % par rapport aux personnes sans surpoids et sans maladies métaboliques », a indiqué le Pr Caroline K. Kramer, un des auteurs principaux de ce travail publié dans les Annals of Internal Medicine. "Ce qui suggère que l'augmentation de l'IMC sans anomalies métaboliques n'est pas une affection bénigne...»

Un constat partagé par le Dr Philippe Zerr, médecin généraliste qui a présidé à l’élaboration des recommandations de prise en charge de l’obésité en médecine de ville auprès de la Haute Autorité de Santé. « Une partie des personnes obèses que nous recevons en consultation sont dans cette situation, c’est-à-dire qu’elles ont un IMC trop élevé, souvent un tour de taille augmenté mais elles n’ont pas encore d’hypertension ou de diabète, ni d’autres maladies comme des cancers du sein ou digestif, de l’arthrose, des problèmes de foie… témoigne ce praticien. Mais il est nécessaire de leur expliquer qu’il y a un risque ».

Ecouter le Dr Philippe Zerr, généraliste et auteur de recommandations HAS sur la prise en charge de l’obésité. « On ne peut pas dire que ce n’est pas grave. »


Le surpoids n'est pas visible au 1er coup d'oeil

« Il est nécessaire que le tour de taille, la hauteur et le poids soient mesurés régulièrement lors des consultations, rappelle le Dr Philippe Zerr. C’est le seul moyen de dépister les personnes qui ne présentent pas de problèmes métaboliques, car une situation de surpoids, c’est-à-dire un IMC au-dessus de 25 kg/m2, ne se détecte pas d’un seul coup d’œil. » Et puis pour ce médecin, l’évaluation de l’obésité ne se limite pas aux anomalies métaboliques.

Une personne peut avoir des difficultés à monter les escaliers, à suivre ses amis lors d’activités, à avoir une sexualité harmonieuse. « Dès qu’une personne est en surpoids et surtout lorsque le tour de taille est élevé, plus de 94 cm pour les hommes par exemple, on peut déjà lui prodiguer des conseils d’alimentation, sans pour autant parler de régime, et lui recommander l’activité physique, sans parler de sport ».

Ecouter le Dr Philippe Zerr : « Il y a de belles études qui montrent que marcher 300 minutes par semaine fait perdre du tour de taille et des kilos sans rien faire d’autres. »

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