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Alimentation de l'enfant

L'ennui pousse les enfants à manger plus dès 4 ans

Par Camille Sabourin

Les enfants commenceraient à manger lorsqu'ils s'ennuient dès l'âge de quatre ans, selon une nouvelle étude menée à l'Université Aston.

fizkes/istock
Une nouvelle étude montre que les enfants dès l'âge de quatre ans mangent 79 % plus de calories lorsqu'ils s'ennuient par rapport à une humeur neutre.
Les enfants émotifs dont les parents utilisent la nourriture pour les apaiser, mangent cinq fois plus de calories lorsqu'ils s'ennuient.
Pour les chercheurs, il faut essayer d'éduquer les enfants pour qu'ils ne fassent pas le lien entre ennui et nourriture.

Il n'est pas rare que l'ennui nourrisse notre envie de grignoter... Ce comportement est connu sous le nom d'alimentation émotionnelle. Et, les enfants prendraient ce travers dès 4 ans, selon une nouvelle étude de l'Université Aston dont les résultats ont été publiés dans la revue Food Quality and Preference.

Ennui : les enfants qui s'ennuient mangent 79 % de calories en plus

En étudiant l'alimentation des enfants et leurs émotions, les chercheurs de l'Université Aston ont remarqué que dès l'âge de quatre ans, les petits mangent 79 % de calories supplémentaires lorsqu'ils s'ennuient, par rapport à leurs camarades qui sont d'humeur neutre. En moyenne, les jeunes participants qui s'ennuyaient, mangeaient 95 kcal contre 59 kcal pour ceux dans un état d'humeur neutre.

Pour cette étude, l'équipe a recueilli des informations sur les habitudes nutritionnelles de la famille et le tempérament des enfants. Un repas rassasiant a été servi aux petits et à leurs parents. Des activités ont ensuite été proposées pour induire des émotions précises aux très jeunes participants comme l'ennui. Les scientifiques ont constaté que si les parents avaient déclaré utiliser la nourriture pour apaiser les émotions de leur progéniture et que l'enfant était de nature émotive, il mangeait cinq fois plus de kilocalories lorsqu'il s'ennuyait (104 kcal) par rapport à une humeur neutre (21 kcal).

"Si les enfants mangent autant de calories supplémentaire au cours d'un cas d'ennui induit dans un laboratoire (une période de quatre minutes) - étant donné que l'ennui est une émotion couramment ressentie chez les enfants - le potentiel d'apport calorique excessif en réponse à l'ennui d'une journée, d'une semaine ou d'un an, est potentiellement très important dans un environnement abondant en nourriture", met en garde dans un communiqué le Dr Rebecca Stone qui a dirigé les travaux.

Poids : prévenir l'alimentation émotionnelle pour éviter les troubles

Si l'ennui peut conduire les enfants vers la nourriture, il ne faut pas pour autant lutter contre cette émotion. L'expérience de l'ennui est importante pour le développement de l'enfant. La Dr Rebecca Stone suggère d'apprendre avant tout aux petits à ne pas se tourner vers les snacks et gourmandises lorsqu'ils n'ont rien à faire. Selon l'experte, les parents pourraient essayer de détourner l'attention de leur enfant de la nourriture et de "restructurer l'environnement alimentaire de la maison" pour qu'il soit moins probable que les enfants pensent à manger quand ils ne savent pas quoi faire.

"Bien qu'il soit tentant d'utiliser la nourriture comme outil pour réconforter les enfants, la recherche suggère que l'alimentation émotionnelle pourrait conduire à une plus grande alimentation émotionnelle à l'avenir. Il est important que les parents et les professionnels de l'enfance soient conscients que cette solution à court terme pourrait créer des défis futurs", conclut la scientifique.

La prévention de l'alimentation émotionnelle liée à l'ennui dès le plus jeune âge peut contribuer à inculquer de saines habitudes nutritionnelles aux enfants et à prévenir le surpoids et les troubles alimentaires à l'avenir.