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Effets secondaires

Éruptions cutanées graves : l'ANSM met en garde contre la lamotrigine

Par Diane Cacciarella

La lamotrigine, un médicament prescrit pour l’épilepsie ou les troubles bipolaires, pourrait provoquer des éruptions cutanées graves, pouvant même aller jusqu’au décès, selon l’ANSM. 

SweetBunFactory/iStock
Durant les deux premiers mois de traitement, les patients qui prennent de la lamotrigine peuvent avoir des effets secondaires graves.
Il s’agit d'éruptions cutanées mettant en jeu, pour les plus graves, le pronostic vital.
Si un patient a un symptôme à la suite de ce traitement, il faut consulter très rapidement.

"Parmi les effets indésirables rares connus de ce médicament, des éruptions cutanées graves, pouvant conduire au décès, peuvent survenir, généralement dans les deux premiers mois de traitement, prévient l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Il s’agit des syndromes de Stevens-Johnson, de Lyell (ou nécrolyse épidermique toxique) et du Dress (syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques).

Un médicament prescrit pour l’épilepsie et les troubles bipolaires

Le médicament en question est le Lamictal, et ses génériques, qui est un antiépileptique. "Il inhibe la libération du glutamate dans le cerveau, une substance impliquée dans le déclenchement des crises d'épilepsie, selon le Vidal. Il a également un effet bénéfique chez les personnes souffrant d'un trouble bipolaire, mais son mécanisme d'action est mal connu.” Sa substance active est la lamotrigine.

Dans une note, l’ANSM rappelle la posologie de ce médicament aux professionnels de santé. L'autorité sanitaire indique aussi que les patients doivent consulter rapidement s’ils sont touchés, surtout durant les premiers mois de traitement, par l’un des symptômes suivants : éruption cutanée ou rougeur avec cloques et desquamation, fièvre, symptômes pseudo-grippaux, gonflement du visage, apparition de ganglions, ulcères de la bouche, de la gorge, du nez ou des organes génitaux, irritation de la bouche ou des yeux, bleus ou saignements inattendus, gorge douloureuse.

Des éruptions cutanées graves mettant en jeu le pronostic vital

Pour les cas les plus graves, les patients risquent de développer les syndromes de Stevens-Johnson, de Lyell et du Dress. Selon le Manuel MSD, le syndrome de Stevens-Johnson et le syndrome de Lyell sont deux formes du même trouble cutané potentiellement mortel. Ils se caractérisent par une éruption, une desquamation cutanée et des lésions ulcéreuses touchant toutes les muqueuses.

Le syndrome du Dress est une toxidermie grave qui peut mettre en jeu le pronostic vital du patient. Les symptômes sont une fièvre élevée, une éruption cutanée avec œdème du visage, une polyadénopathie, une éosinophilie et/ou des lymphocytes atypiques. "L’incidence du syndrome DRESS va de 1 / 1.000 à 1 / 10.000 expositions médicamenteuses, selon la Revue médicale suisse. Néanmoins, elle peut varier selon le médicament et atteindre, par exemple, pour la lamotrigine jusqu’à 1/ 300 patients traités.” 

Pour rappel, même en cas d'effets secondaires, avant d'arrêter un traitement, il est conseillé de demander un avis médical à un professionnel de santé.