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Enquête de 60 millions de consommateurs

Dentaire : les soins d'orthodontie accusés d'être trop chers

Par Julian Prial

Selon 60 millions de consommateurs, les soins dentaires coûtent chers et sont peu remboursés par l'assurance maladie. Les dépassements d'honoraires des orthodontistes sont mis en cause.

DURAND FLORENCE/SIPA

Des « pratiques tarifaires excessives », voire « des dérives inacceptables », ce sont les mots utilisés ce lundi par l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé pour qualifier les dépassements d’honoraires (parfois illégaux), pratiqués par les médecins spécialistes des soins dentaires. Dans cette étude publiée par le magazine 60 millions de consommateurs et la société Santéclair, les soins d'orthodontie « trop chers » sont notamment pointés du doigt.

Le grand écart des tarifs entre Paris et la province

Plus d'1 milliard d'euros de dépenses en 2012, dont près de 80 % constituent des dépassements d'honoraires à la charge des usagers ou de leurs complémentaires santé, c'est le blian des soins d'orthodontie en 2012.
Un bilan lourd pour les patients aux revenus les plus modestes, surtout que ces soins d'orthodontie sont très chers. En effet, l'acte le plus courant dans cette spécialité est appelé « semestre de traitement actif ». Il correspond à une période de 6 mois pendant laquelle la personne porte son appareillage orthodontique visant à lui redonner une occlusion satisfante. Cet acte est facturé, en moyenne, en 2012, autour de 650 euros, avec de fortes variations en fonction du spécialiste qui le pratique. Par exemple, vous payerez près de 1000 euros le « semestre de traitement actif » en moyenne à Paris, contre à peine plus de 400 euros en Ariège.

De nombreux patients renoncent aux soins de suivi
Par ailleurs, en plus d'être très coûteux, les traitements d'orthodontie s'envisagent bien souvent sur le long terme. Ils peuvent, d'après les enquêteurs de 60 millions de consommateurs, « durer jusqu'à trois ans. » Et les coûts ne s'arrêtent pas là pour les patients. Car ces traitements sur plusieurs semestres doivent être obligatoirement suivis d'un traitement dit de « contention » de 1ère année puis, lorsque nécessaire de 2ème année.
Et sur ces traitements qui sont importants pour la pérennité des soins, l'Observatoire constate justement que bon « nombre de traitements actifs ne semblent pas être suivis d'un traitement de contention au risque de voir se détériorer rapidement les résulats obtenus. »
L'abandon de ces traitements de contention est sans doute dû aux prix élevés de ces derniers. Pour exemple, celui de première année est facturé en moyenne 400 euros (dont un peu plus de 200 euros de dépassements d'honoraires en moyenne), et celui de deuxième année autour de 200 euros (dont un peu plus de 100 euros de dépassements).

Des dépassement d'honoraires illégaux chez certains dentistes
Enfin, dans cette enquête, les orthodontistes ne sont pas les seuls spécialistes des dents mis en cause. 35 millions d’euros de dépassements d’honoraires ont en effet été réclamés aux Français par leur dentiste en 2012 concernant des soins de caries, des détartrages, des dévitalisations ou encore des extractions. Or, ce sont des soins courants dont les tarifs sont encadrés par la Sécurité Sociale et qui ne devraient faire l’objet de dépassements d’honoraires qu’en cas de soins en urgence ou autre situation exceptionnelle. Et là encore, les dentistes installés à Paris sont les plus gourmands en matière de dépassements !