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Discrimination

La santé cardiovasculaire des femmes lesbiennes et bisexuelles est moins bonne

Par Chloé Savellon

Une nouvelle étude, menée en France par l'Inserm, révèle que les femmes lesbiennes et bisexuelles sont plus susceptibles d'avoir une moins bonne santé cardiovasculaire par rapport aux hétérosexuelles.

JLco - Julia Amaral/istock
Selon une étude de l'Inserm, les femmes lesbiennes et bisexuelles pourraient être moins susceptibles d'avoir une bonne santé cardiovasculaire que les hétérosexuelles.
Par rapport aux hétérosexuelles, les lesbiennes présentaient des scores moindres concernant l'alimentation et la tension artérielle.
Pour les chercheurs, il est important d'identifier les obstacles qu'elles rencontrent pour accéder aux soins de santé.

Si les femmes ont globalement une meilleure santé cardiovasculaire que les hommes, des disparités importantes existent en fonction de leur orientation sexuelle. Voici les conclusions d'une équipe de l'Inserm après avoir suivi près de 170.000 adultes, dont environ 91.000 femmes. Ses résultats ont été publiés en mai dans The Journal of American Heart Association.

Les lesbiennes et bisexuelles ont des scores de santé cardiovasculaire inférieurs

Les chercheurs ont évalué la santé cardiaque des participants en fonction de huit comportements et facteurs de risques : exposition à la nicotine, alimentation, activité physique, indice de masse corporelle, sommeil, glycémie, pression artérielle et niveau de cholestérol total dans le sang. Cette méthode, baptisée Life Essentiel 8 et développé l'American Heart Association, permet d'obtenir un score de santé cardiovasculaire sur 100 (100 représentant une condition cardiaque idéale).

Les scientifiques ont ainsi découvert que les femmes lesbiennes et bisexuelles ont de moins bons résultats que les hétérosexuelles. Dans le détail, les homosexuelles ont des scores moindres concernant l'alimentation et la tension artérielle. Les bisexuelles, en revanche, présentent des notes supérieures pour l'alimentation et l'exposition à la nicotine. Les hommes gays ou bisexuels ont obtenu des scores plus élevés que leurs pairs hétérosexuels, mais seulement s'ils vivaient dans des zones urbaines.

"L'amélioration de ces mesures est une excellente occasion de prévenir les problèmes cardiaques avant qu'ils ne surviennent", a rappelé Omar Deraz, l'auteur principal de l'étude, dans un communiqué de presse.

Minorités sexuelles : il faut identifier les obstacles à une bonne santé cardiaque

Selon les chercheurs, plusieurs facteurs pourraient expliquer les différences de scores de santé cardiovasculaire entre les femmes lesbiennes, bisexuelles et hétérosexuelles. Tout d'abord, les lesbiennes sont plus susceptibles de présenter des problèmes psychiques, tels que l'anxiété et la dépression, qui peuvent affecter leur santé physique. Ensuite, elles ont tendance à avoir des niveaux de stress plus élevés en raison des discriminations et de la stigmatisation qu'elles subissent. Enfin, les facteurs liés au mode de vie, comme le tabagisme et la consommation d'alcool, pourraient également jouer un rôle dans les différences de scores de santé cardiovasculaire.

"La santé cardio-vasculaire pourrait être également influencée par des facteurs systémiques, liés notamment à un accès au système de santé diminué des minorités sexuelles par rapport aux hétérosexuels. Par exemple, des travaux ont montré en Angleterre que les personnes LGBTQ+, et surtout les femmes lesbiennes, rencontrent plus de difficultés à y accéder. Elles rapportent des discriminations (inconscientes) de la part des personnels soignants et une incompréhension de leurs problématiques de santé", ont précisé Omar Deraz et son collègue Jean-Philippe Empana dans un article paru dans The Conversation.

Pour les chercheurs, il est essentiel d'identifier et de surmonter les obstacles à l'accès aux soins de santé des patients LGBTQ+ afin de prévenir les troubles cardiaques et favoriser une prise en charge précoce des pathologies. "L'amélioration des compétences culturelles et de la sensibilisation au risque de maladie cardiovasculaire chez les adultes des minorités sexuelles peut contribuer à améliorer les conversations entre médecins et patients sur la santé cardiovasculaire", a indiqué Omar Deraz dans un communiqué.