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Apprentissage, récupération

Rythmes scolaires : pourquoi la sieste est bénéfique

Par Bruno Martrette

Inciter les enfants de maternelle à faire une sieste pourrait les aider dans leur apprentissage. C'est ce que recommande Vincent Peillon.

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La réforme des rythmes scolaires du ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, déjà appliquée dans 20 % des établissements, ne fait toujours pas consensus. Des grèves ont, en effet, été lancées toute cette semaine dans plusieurs écoles pour protester contre cette semaine de quatre jours et demi. Ce jeudi, par exemple, ce sont 25 % des enseignants de primaire et maternelle qui seront en grève, selon le ministère.
C'est dans ce contexte très tendu que le ministre a présenté ce mercredi son mode d'emploi sur la réforme des rythmes scolaires. Des recommandations à destination avant tout des écoles maternelles, là où l'application de la réforme génère les plus fortes critiques. Parmi les points mis en avant dans ce document, le gouvernement recommande de respecter une alternance équilibrée entre les temps d'activité et les temps calmes et de repos des enfants. L'occasion pour pourquoidocteur de revenir sur les bienfaits de la sieste chez les jeunes enfants.

La sieste après le repas en maternelle
Sur la sieste, le document du ministère préconise de coucher l'enfant après le repas, jusqu'à l'âge de 4 ans, pour lui permettre de dormir une heure trente à deux heures. « La sieste des élèves de deux et trois ans prime, sauf exception, sur d'autres activités » et « dépend des besoins » pour les élèves de moyenne section. Une précision qui a son importance puisqu'à cause des nouveaux rythmes scolaires, la sieste était parfois écourtée pour que les enfants puissent participer aux activités. Pourtant, les bienfaits d'une sieste après le repas sont réels chez les jeunes enfants.

La sieste aide les jeunes enfants à mieux apprendre
D'après une étude américaine, inciter les enfants de maternelle à faire une heure de sieste après le déjeuner pourrait les aider dans leur apprentissage. Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs de l'Université du Massachusetts (Amherst) ont analysé les performances à des jeux éducatifs de 40 enfants âgés de 3 à 5 ans, en classe de maternelle. Lorsque ces enfants ont bénéficié d'une heure de sieste après le déjeuner, ils ont nettement mieux réussi leurs exercices de visualisation dans l'espace durant l'après-midi, comparé au lendemain quand ils se sont vus refuser une sieste de midi.
De plus, après une sieste, les enfants avaient retenu en moyenne 10 % de plus d'informations de la matinée, en comparaison à ceux qui avaient été tenus éveillés tout au long de la journée.

L'explication trouvée dans la région du cerveau liée à l'apprentissage
Alors, pour apporter un début d'explication à ces résultats, les chercheurs ont continué leur expérience sur 14 autres jeunes enfants en leur faisant passer des tests en laboratoire.
Conclusion, les enfants qui avaient fait une sieste ont connu une activité accrue dans les régions du cerveau liées à l'apprentissage. « C'est la raison pour laquelle ils ont mieux intégré les nouvelles informations », précisait Rebecca Spencer, principal auteur de l'étude.
Selon elle, « tandis que les enfants plus âgés ont naturellement tendance à baisser leurs heures de sommeil durant la journée, les enfants plus jeunes devraient être encouragés à faire la sieste. »

La sieste permet aussi de récupérer des nuits trop courtes
Enfin, la sieste après le repas de midi permet aussi bien souvent de compléter chez l'enfant des nuits de sommeil trop courtes. Certains symptômes peuvent à ce titre démontrer l’insuffisance de repos chez un enfant. Contrairement à l’adulte dont le manque de sommeil se traduit par de la fatigue et une somnolence diurne, chez les enfants la somnolence n’est pas toujours le signe prépondérant. Des signes comme l’hyperexcitabilité, l’irritabilité, les colères sont souvent plus révélateurs d'un manque de sommeil chez l'enfant.
Enfin, les parents qui pensent que sauter la sieste permettra à leur enfant de mieux dormir le soir se trompent. Au contraire, l’excès de fatigue peut retarder l’endormissement. Le règle selon laquelle plus le niveau de fatigue est élevé, plus il est difficile de s’endormir, se vérifie donc tant pour les jeunes que pour les adultes. Toujours dans ce sens, un enfant que l’on empê­che de faire la sieste s’habitue à lutter contre les signes de fatigue. Cet enfant aura par la suite plus de difficultés à s’abandonner aux bienfaits du sommeil.