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Épidémie

Virus Marburg en Guinée : pourquoi l'OMS s'inquiète autant ?

Par Diane Cacciarella

L’épidémie liée au virus Marburg en Guinée équatoriale inquiète l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a convoqué une réunion d’urgence sur ce sujet. 

olrat/iStock
Le 7 février, la Guinée-équatoriale a donné l’alerte sur une flambée des cas de maladie à virus Marburg.
Il s’agit d’une maladie très létale et pour laquelle il n’existe pas de traitement ni de vaccin totalement validés par la recherche scientifique.
L’OMS a convoqué une réunion d’urgence pour envisager de donner des traitements et vaccins expérimentaux en cas de poursuite de épidémie.

La Guinée équatoriale fait face à une épidémie liée au virus Marburg, selon un communiqué publié le 13 février dernier sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). C’est une première dans ce pays, qui a donné l’alerte dès le 7 février dernier. 

C’est plus précisément la partie est du pays qui est touchée : 9 décès sont survenus, et 16  cas suspects ont été recensés, dont deux au Cameroun, pays frontalier de la Guinée équatoriale. Les autorités sanitaires équato-guinéennes ont envoyé des prélèvements des personnes malades à des centres de référence pour qu’ils soient analysés. Résultat : le virus impliqué était bien le virus Marburg. Néanmoins, pour l’instant, il n’y a pas de menace internationale, c’est surtout en Guinée équatoriale que la situation est inquiétante. 

Fièvre hémorragique : qu’est-ce que la maladie à virus Marburg ? 

Le virus Marburg fait partie de la même famille que celui d’Ebola, c’est-à-dire des filovirus selon le Manuel MSD. La maladie à virus Marburg se manifeste par une forte fièvre hémorragique, souvent mortelle pour l’Homme. En effet, selon l’OMS, “le taux de létalité moyen de cette maladie avoisine les 50 %. Il a varié de 24 % à 88 % lors des flambées épidémiques précédentes, en fonction de la souche virale et de la prise en charge des cas”. 

Une pathologie très meurtrière dont l’augmentation des cas en Guinée-équatoriale inquiète l’OMS. D’autant plus que, pour l’instant, il n’existe pas de traitement curatif ni préventif, ni de vaccin, qui ont été validés par la recherche. Mais certains sont au stade d’essai clinique. 

Pour faire face à cette situation, l’OMS a convoqué, dès le 14 février, une réunion exceptionnelle. L’objectif principal était de faire le point sur les vaccins et les traitements en cours d’élaboration. 

Lutter contre l’épidémie avec des traitements expérimentaux ?

Actuellement, encore au stade de la recherche, il existe cinq vaccins qui ont été élaborés pour la maladie à virus Marburg. Parmi eux, deux ont déjà fait l’objet d’essais cliniques de phase I. Du côté des traitements, il y a deux principales pistes : les anticorps monoclonaux et le Remdesivir, un médicament antiviral qui empêche le virus de se multiplier dans l'organisme.

Ces vaccins et traitements, qui n’ont pas encore été validés dans le cadre d’essais cliniques, pourraient néanmoins être efficaces... Durant la réunion d’urgence organisée par l’OMS, l’éventualité de les tester dans le cadre de l’épidémie liée au virus Marburg en Guinée équatoriale a été évoquée. Il s’agirait d’un essai clinique de phase 3. 

Avant que cela ne soit acté, plusieurs étapes sont nécessaires : sélection du ou des vaccins et traitements qui seront inclus dans cet essai de phase 3 en Guinée équatoriale, critères qui seront retenus pour évaluer leur efficacité, nombre de patients inclus dans l’essai, protocole de l’essai, etc. Une fois tout cela tranché, les autorités du pays devront encore donner leur accord et des contrats seront alors passés avec les laboratoires qui développent ces produits. Enfin, une certaine pédagogie sera nécessaire auprès de la population pour expliquer qu’il s’agit d’un essai clinique. 

Toutes ces étapes sont longues et c’est la raison pour laquelle l’OMS a convoqué une réunion d’urgence. L’objectif est de réagir rapidement pour espérer sauver des vies grâce à ces traitements.