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Maternité

Hôpitaux : les patrons soutiennent les sages-femmes

Tous les chefs de service des maternités des hôpitaux de Paris soutiennent « sans réserve » les sages-femmes en grève. Elles veulent obtenir un statut médical.

Hôpitaux : les patrons soutiennent les sages-femmes REVELLI-BEAUMONT/SIPA

  • Publié 06.11.2013 à 12h23
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Toujours en grève pour accéder au statut de praticien hospitalier, les sages-femmes ne sont plus seules dans ce combat ! L'ensemble des chefs de service des maternités de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) viennent en effet d'apporter ce mardi leur soutien « sans réserve » aux sages-femmes, en grève depuis trois semaines.

La reconnaissance de leurs compétences
« La demande qu'elles expriment de faire reconnaître leur compétence sous forme d'un statut médical de sages-femmes hospitalières et de ne plus être assimilées au personnel non médical est parfaitement légitime et soutenue sans réserve par les chefs de services des maternités de l'AP-HP, de même que la revalorisation salariale de leur activité », écrivent ces chefs de service dans un communiqué.

En effet, même si les sages-femmes exercent une profession médicale, elles ont depuis toujours le statut de « paramédicale ». Cette absence de reconnaissance par les autorités se ressent également sur leur rémunération.  « Le statut de la fonction publique hospitalière nous considère comme des bac+3, mais nous sommes payées comme des bac+2 et demi, avec même pas le salaire de base qui correspond à un niveau licence. Le pire, c'est qu'en réalité, nous avons un bac + 5, avec une première année de médecine et une formation de quatre ans qui suit pour devenir sage-femme », expliquait récemment Caroline Raquin présidente de l'Organisation nationale syndicats sages-femmes (ONSSF), contactée par pourquoidocteur.

Plus de 3 maternités sur 4 en grève
Par ailleurs, les chefs de service notent aussi que, « les difficultés à faire fonctionner les maternités hospitalières à l'occasion du mouvement de grève soulignent à quel point les sages-femmes sont irremplaçables et indispensables à la bonne marche des services. »
Car le cri de colère de ces professionnelles n'est pas qu'une histoire de rémunération. En milieu hospitalier, ces dernières dépendent, pour le moment, entièrement de leur chef de service concernant la politique de suivi de grossesse des femmes enceintes à appliquer. Or, en pratique, lors des grossesses sans complications, les sages-femmes exécutent tous les actes que réalisent les médecins hospitaliers spécialistes de la grossesse (échographie, préparation à l'accouchement, monitoring...). C'est l'un des raisons qui suscite l'inquiétude des chefs de service.

Il est vrai  que cette grève perturbe déjà lourdement le fonctionnement des maternités. En grève dure dans bon nombre de maternités, les sages femmes sont assignées en service minimum d'urgence. Dans ces établissements, elles ne sont désormais présentes plus qu'en salle d'accouchement Dans tous les autres services, consultations, grossesses pathologiques, suites de couches, il n'y a plus aucune de ces professionnelles de disponible. 

La ministre de la Santé continue d'ignorer le mouvement 
Enfin, les chefs de service « s'étonnent et s'inquiètent de l'absence totale de réaction et d'écoute de la part du ministère de la santé vis-à-vis de cette profession hautement indispensable à la qualité et la sécurité du service public hospitalier. » C'est d'ailleurs à cause de ce mutisme de Marisol Touraine que près de 150 sages-femmes ont passé toute la matinée du 26 octobre à camper devant les locaux de France Télévisions, reprochant aussi aux médias télé leur manque de visibilité à l'antenne. D'autant plus que cette grève est de plus en plus suivie dans les établissements. D'après les syndicats, près de 75 % des maternités françaises seraient maintenant en grève. 
Pour toutes ces raisons, les sages-femmes manifesteront demain à Paris, entre la place Denfert-Rochereau et le ministère de la santé. Une fois sur place, la délégation a averti qu'elle « n'acceptera d'être reçue que par Marisol Touraine. » Un cahier de doléances sera d'ailleurs remis à la ministre à cette occasion, précise-t-elle.

 

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