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Glycémie

Diabète de type 2 : l'exposition au froid pourrait réduire le risque

Par Mégane Fleury

Les frissons améliorent la tolérance au glucose et réduisent la glycémie à jeun chez les personnes en surpoids ou obèses, exposées à un risque de diabète de type 2. 

LightFieldStudios/istock
90 % des personnes diabétiques souffrent de diabète de type 2.
Il est provoqué par une perturbation du métabolisme glucidique, qui augmente la concentration de glucose dans le sang.
La maladie augmente le risque d'infarctus du myocarde, de troubles rénaux, de maladies hépatiques, etc.

L’été touche à sa fin, et les températures redescendent progressivement. Si le froid est souvent jugé désagréable, il pourrait être utile dans la prévention des maladies. Selon une recherche, présentée à l’occasion du congrès annuel de l’association européenne pour l'étude du diabète, l’exposition au froid pour les personnes obèses ou en surpoids pourrait prévenir le diabète de type 2. 

Une heure de frissons pour observer les effets du froid sur le diabète de type 2

Les auteurs de l’étude se sont appuyés sur les conclusions de précédentes recherches : lorsque les humains ont froid, le glucose est éliminé plus rapidement du sang. Une étude a ainsi démontré que dix jours d'acclimatation au froid doux (14 à 15°C, 6 heures par jour) amélioraient nettement la sensibilité à l'insuline chez les patients atteints de diabète de type 2. Pour en savoir plus, les chercheurs ont recruté 15 volontaires en surpoids ou obèses. Pendant dix jours consécutifs, ils ont été exposés au froid à l'aide d'un gel perfusé, pour générer des frissons. Les participants passaient de 32°C à 10°C, jusqu'à frissonner une heure par jour. Les frissons ont été évalués grâce à des dispositifs placés sur la peau qui détectent l'activité électrique musculaire, mais aussi en observant leurs réactions. Les scientifiques ont également réalisé des tests oraux de tolérance au glucose et des mesures de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle. 

Le froid améliore différents indicateurs associés au diabète de type 2

"Les résultats ont montré que des frissons répétés induits par le froid réduisaient de manière significative les concentrations moyennes de glucose plasmatique à jeun de 5,84 à 5,67 mmol/L et amélioraient la tolérance au glucose de 6 %", concluent les auteurs. Les concentrations d’insuline dans le sang ne changeaient pas après l’exposition au froid, ce qui suggère que l'amélioration de la glycémie à jeun et de la tolérance au glucose n’étaient pas la conséquence d’une augmentation de l'insuline dans le sang. Les prises de sang à jeun ont aussi montré une baisse de la concentration en triglycérides et en acides gras libres, de 32 et 11 % respectivement. "Ce sont les principaux carburants gras du corps et on pense qu'ils augmentent le risque de maladies cardiovasculaires et contribuent à la résistance à l’insuline", indiquent les auteurs. L’exposition répétée au froid a aussi réduit la pression artérielle, et la fréquence cardiaque au repos. "Nos découvertes sont prometteuses et pourraient avoir d'importantes implications pour la santé, étant donné que les frissons améliorent de nombreux indicateurs de santé cardiométabolique associés à des maladies comme le diabète de type 2", résume Adam Sellers. À terme, le scientifique et son équipe souhaitent renouveler la recherche en ciblant cette fois des adultes atteints de diabète de type 2.